Bigger Spin / EP 002 - Rémy Taveira

A l'honneur de ce nouveau Bigger Spin, complément texte du Big Spin aka. le podcast qu'il te faut : Rémy Taveira, le jeune de Clichy-Sous-Bois qui a sû tracer sa voie et faire bien du chemin depuis l'époque du fameux Teenage Tour. Désormais voyageur invétéré, représentant Antiz Skateboards depuis dix ans, Rémy se faufile d'une expédition, d'un continent, d'un projet à l'autre ; récemment, vous avez sûrement entraperçu quelques-unes de ses acrobaties dans moult opus de l'"Atlantic Drift" du britannique Jacob Harris, ou encore son ollie d'un bassin à l'autre dans la cour du Louvre, entre autres péripéties savamment documentées. Fort de la fougue de ses vingt-cinq ans pourtant déjà bien remplis, Rémy revient sur son parcours pour le Big Spin numéro deux, donc ; une épopée que LIVE Skateboard Media vous illustre ici-même, à grand renfort d'anecdotes, de digressions, de photos et de liens YouTube bidouillés !
 
 
Postulant qu'il soit question de s'adonner, juste pour rire (vraiment ?...), à un drôle d'exercice : celui d'affubler la présente décennie d'un mot d'ordre et d'un seul, censé la résumer ; avec l'avènement des réseaux sociaux, du "user content" et de la course aux chiffres tant sur le plan statistique que sur ses retombées numéraires, le mot-clé émergeant pour qualifier notre période contemporaine s'impose de lui-même, tout proéminent qu'il s'affranchit, s'affiche et s'affirme sous l'anglicisme populaire suivant : le "buzz".
 

Le décompte des "vues", l'oeil sur le chiffre, le regard binaire ; si vous-même, vous vous placez dans la compétition, alors fortes sont les chances que celle-ci vous distraie tant que votre Temps de Cerveau Disponible™ s'en retrouve fragmenté, morcellé, voire atrophié au point de ne plus vous autoriser à regarder une vidéo de sept minutes quarante-et-une secondes, ou encore à lire des phrases aussi alambiquées que celle-ci, jusqu'à leurs fins respectives.

Dans quel cas, n'ayez crainte : Instagram est là pour vous. Un clic sur l'aperçu ci-dessous vous expédiera tout droit au coeur du poulet, et vous exposera directement au fameux dernier trick de Rémy dans la vidéo sus-partagée, le ollie transfert au Louvre, donc, décontexualisé et en boucle jusqu'à l'infini-ou-presque.


"D'ou est-ce ça? A la louvre?" [sic]. Vidéo : Guillaume Périmony, "tres beast" [sic, bis]

Et si vous êtes du genre (franchement estampillable old school, si ce n'est vintage) à contempler plutôt qu'à comptabiliser, alors c'est plutôt le Tumblr de Rémy, fréquemment abreuvé d'argentique, qui vous parlera, sûrement...

Question placement des liens, on est déjà plus subtil que pour @101chichi, là, non ?

Et question vidéo de référence, c'est Rémy qui ne fait pas dans le chichi (vous suivez ?), puisqu'il fait mention du légendaire magnum opus TransWorld SKATEboarding "The Reason" (1999), neuvième épisode et véritable pierre angulaire de la saga de full-length TWS ayant largement contribué à donner à celle-ci ses lettres de noblesse. Avec des sections pour Gershon Mosley, Cairo Foster, Danny Montoya, Danny Gonzales, Stevie Williams et Matt Mumford, entrecoupées de montages incriminant plein d'autres chouettes zouaves, mais pas moins. C'est ici que ça se regarde, et on prend des notes.


Cliquez pour sombrer dans l'excitant vortex de la TransWorld "The Reason" (1999). On fait pire.

Un mix éclectique d'influences stylistiques susceptible d'en perdre plus d'un, mais qui aura inspiré Rémy de façon forte heureuse puisqu'une fois aiguisée, sa curiosité l'a finalement amené à arpenter la planète, depuis son tiékar' époque King Of Tromé à une Europe plus spacieuse, dès deux mille douze, notamment accompagné des "Jumo" : Benoît et Thomas Renaux. Le résultat ? Un montage vidéo, et un zine.


Rémy, smith grind à Bruxelles, Belgique, donc. Ph.: Benoît Renaux. Cliquez pour le zine. Cliquez pour la vidéo.

Une douce invitation au voyage plus loin encore que ce tour du vieux continent ; Rémy finira par explorer des contrées plus excentrées telles que le Costa Rica, trip au cours duquel il filmera une part entière avec le génie Francisco Saco pour sa vidéo "Canasta". La full-length (incroyable) se regarde ici et, pour ceux qui seraient tombés dans la marmite du court-bouillon consommable de préférence avant tout de suite, la section de Rémy est en ligne en solo, ici.


La part de Rémy dans "Canasta" (par Francisco Saco, au Costa Rica). Mais vous devriez vraiment tout regarder.

Parfois, Rémy se retrouve au Hellfest accompagné de Julien Bachelier (le boss d'Antiz), Jérôme Chevallier, Samu Karvonen, Roland Hirsch et Teemu Pirinen, arpentant les modules de skate tous ensemble, et jamais sans esquiver les assauts répétés des Moscovites d'Absurd Skateboards. A force de grandir, Rémy a accepté de laisser son rêve d'un jour skater pour Menace Skateboards époque "grande époque" s'envoler ; c'est donc à peine décontenancé, et toujours sobre, qu'il évolue au sein du bruit et de la fureur, fort de ses certitudes, résolument tourné vers l'avenir, résigné comme un homme.


A l'épicentre du tapage, Rémy attend patiemment le retour de City Stars, dans l'ombre, entre deux sessions tisane bio / madeleines.
 

Bien malheureusement, il ne le reconnaîtra jamais. "Licorne", commente alors Seb Charlot, de Big Spin Podcast.

S'il peut s'avérer difficile, voire pénible de décider de ce qui est le plus exotique comme destination urbano-skateboardistique entre le Hellfest et le Costa Rica, peut-être bien que c'est le short film "Nicaragua" du Londonien Jacob Harris ("Eleventh Hour", "Vase", "Atlantic Drift" qui feature également beaucoup de Rémy) qui mettra tout le monde d'accord. Pépite audiovisuelle commanditée par Grey Skate Mag, "Nicaragua" plonge Rémy et ses acolytes du moment, Mike Arnold et Sylvain Tognelli, au sein d'un pays aux codes et repères sublimés, mythifiés, presque fantasmés - bien qu'à ce jour encore, peu de gens aient réussi à l'identifier précisément, nuisant considérablement à la potentielle déferlante d'une vague de tourisme pour les vacances (en la faveur de Barcelone depuis 2002).

Clôturons finalement ce Bigger Spin avec la part de skate numéro un à retenir selon Rémy : Jake Johnson dans la "Mindfield" (Alien Workshop, 2009), preuve que l'intéressé ne confond pas classe et coquetterie.

 
Merci à Rémy d'avoir joué le jeu, et à Seb Charlot et Arnaud Dedieu pour cette chouette initiative culturo-skateboardistico-francophone qu'est le Big Spin Podcast.
 
Une entreprise followable sur MixcloudSoundcloudYouTubeFacebook et Instagram, pour un plate-formisme éclectique, yo.
 
Sur ce, au prochain épisode !
Live Skateboard MediaLive Skateboard Media

Patientez pour passer l'annonce...
Fermer