Dialogue: Koichiro Uehara & Mike Manzoori

Texte & photos: Benjamin Deberdt

Nous vous avions présenté en avant-première Osaka Nights, l'edit célébrant le projet unissant Etnies et Magenta, il y a de cela quelques jours: une documentation du style unique de Koichiro, capturé par Mike, l'un des “filmeurs” les plus créatifs depuis un bout de temps, maintenant… Il semblait intéressant de remettre tout cela en perpective en comparant deux personnages forts, issues de générations, mais aussi de cultures différentes. Pour ceux trop jeunes pour s'en souvenir, Mike Manzoori est parmi ceux qui ont fait connaître le skate britannique au monde, dans les années 90, tout en développant une créativité exacerbée dans son travail multimédia. Quand à monsieur Uehara, et bien c'est l'un des skateurs les plus excitants du moment, aujourd'hui, une époque la scène japonaise explose de créativité. Ces deux-là étaient fait pour se croiser…

vivez-vous?
Koichiro: À Osaka, au Japon.
Mike: Los Angeles, désormais.

Pourquoi être tombé amoureux du skate?
K: Je n'arrive pas à trouver les bons mots. Je continue juste de skater. La réponse, elle est là, c'est ça la raison. C'est la même chose pour tous les skateurs, non?
M: Parce que, malgré les modes et les embrouilles, la magie est toujours la même pour moi. Lorsque tu te fais une descente et que tu atteins la vitesse où tu n'es plus trop sûr de pouvoir tenir sur sa board, ou pas, c'est un sentiment qui est resté le même que la première fois, il y a trente ans environ. Tu peux faire n'importe quel petit trick pour la première fois, ou réapprendre un trick perdu, ou rentrer quelque chose que tu ne pensais jamais pouvoir faire, et tous ces moments sont les mêmes, que tu ai 14 ou 40 ans. Avec ce petit instant où tu es encore en l'air, que tu regards vers le bas, et voit le sol défiler sous tes roues. Comment ne pas être amoureux de ça?

 Benjamin Deberdt

"Je crois qu'un ami m'a montré la vidéo Adrenalin quand j'ai commencé le skate."

Koichiro.

Qui a eu le plus d'influence sur vous, au fil des années?
K: Taiki Higashi, Jimmy Lannon et Paul Shier. J'aime beaucoup leur style, les spots qu'ils skatent et les tricks qu'il décident d'y faire.
M: Quand j'étais jeune, j'étais fans de tout un tan de skateurs intéressants, comme Ben Schroeder, Steve Claar, Chris Miller, Gonz, Cardiel, et aussi d'amis qui étaient super innovateurs pour l'époque, comme Simon Evans, Curtis McCann, Jason Lunn… Tous des skateurs réellement uniques, mais avec l'âge, la plus grande influence sur mon skate a été mon propre corps. Quand il fonctionne, alors tout marche et le skate coule de source, mais lorsqu'il a besoin de réparations, le skate et le flow souffre pas mal aussi… Alors, tu apprends la patience, et une certaine hygiène de vie, aussi. Je commence à avoir l'impression de devoir manipuler mes membres comme ceux d'une marionnette.

Quand avez-vous entend parler de l'autre pour la première fois?
K: Je ne suis pas sûr… Je crois qu'un ami m'a montré la vidéo Adrenalin quand j'ai commencé le skate. Mais j'ai vraiment été impressionné lorsque j'ai commencé à voir son travail vidéo et plus en plus souvent.
M: J'ai rencontré Koichiro il y a quelques années. Je suis allé au Japon passer du temps avec le team Etnies local, et nous avions fait un trip dans le Nord, jusqu'à Seinai. C'est un gars super positif, qui a une approche réellement unique et créative du skate.

 Benjamin Deberdt

"[…] avec l'âge, la plus grande influence sur mon skate a été mon propre corps."

Mike.

Qu'est-ce que vous pensez avoir appris de l'autre, en travaillant ensemble sur ce projet?
M: À l'origine, je devais le shooter en quelques jours à la fin d'un tour Etnies, mais après une ou deux nuits à filmer ensemble, j'ai réalisé que que je voulais prolonger mon séjour pour avoir plus de temps. Donc, j'ai pu apprendre à connaître Koichiro et ses amis, ainsi que la ville d'Osaka.
K: Je suis fier d'avoir travaillé avec un réalisateur professionnel comme lui. J'ai bien aimé son attitude positive, tout en étant très précis dans ce qu'il veut filmer. Et il avait l'air de vraiment apprécier chaque session, donc j'étais à fond. On s'est bien amusé. Et puis, c'est l'un des meilleurs filmeurs et réalisateurs au monde. Mais, j'ai l'impression qu'il comprend des types de skate très différents. Il a eu une carrière de skateur pro assez incroyable, et je sais qu'il filme normalement avec des skateurs célèbres aux États-Unis, j'étais donc super heureux qu'il s'intéresse à ce que je fais, moi. C'était une chouette expérience, et ça restera un grand souvenir our moi.

(Un grand merci à Uruma Masanori pour son aide à interviewer Koichiro)

Et au cas où vous les auriez raté, voici les fameuses Osaka Nights que ces deux-là ont passé ensemble:

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