Meeting… Romain Covolan!

Interview et photos: Benjamin Deberdt

Covoland, c’est un spot de skate… Dans le jardin d’un petit pavillon de la banlieue parisienne. Ce serait déjà une bonne histoire, mais c’est aussi celle d’une famille.
Un père, deux fils, un grand-père, une mère, et au final, un Romain que pas mal de gens connaissent, désormais. Le voici, d’un peu plus près, au-delà des courbes très très raides posées en bas de chez lui. Entre une session avec les copains du Sud venu le voir, une pause déjeuner au kebab du coin, un apéro sous la tonnelle dans les premiers frimas de l’hiver, et puis une petite discussion sur son spot.

Tu as découvert le skate quand et comment?
Alors, le skate, c’est quand j’étais minot : mon père m’a mis dessus, et j’ai toujours continué. J’ai accroché direct’!

Tes premières influences, à l’époque?
Je ne sais plus vraiment… C’était mon père, ses potes et quelques potes de mon coin qui me faisaient rêver. C’est plus tard que j’ai découvert les vidéos, tout ça…

Comment tu t’es mis à skater de la courbe?
J’ai toujours un peu plus accroché, mais c’est surtout récemment que je suis à bloc. Avant, j’essayais de faire de tout, mais ça m’a saoulé. Maintenant, je suis trop gros, le street, j’ai oublié ! [Rires] Mon père m’a mis aussi un peu sur la voie, vu qu’il ne faisait que ça mais ça ne veut rien dire, vu que mon frère ne faisait que du street!

Et c’est venu comment cette envie de béton?
En fait, quand j’étais au collège, mon père avait fait une micro en bois, ultra rad, dans le jardin. C’était ça, le premier DIY ! [Rires] Et je l’entendais toujours dire : « Ouais, on va faire un bowl, nanana… ». Ça ne s’est jamais fait. Du coup, quand la mini a été vraiment pourrie, j’ai décidé de tout péter et de faire un spot en béton ! C’était l’envie de skater autre chose, un truc différent ; et de se le construire, c’est encore plus drôle!

Tu as commencé dans ton jardin? Avec quel obstacle?
Ouais, j’ai commencé par chez moi. Le premier spot, c’est celui qui est au fond, à côté du garage, les walls et le demi-bowl, tuerie !

Raconte-nous un peu l’histoire de la construction.
Pour la construction, c’est mon grand père maternel qui nous a tout appris, vu qu’il a été maçon toute sa vie. Donc, avec des potes et mon frère, on s’est chauffé, on a appris et avec son aide, on a fait le premier bowl. Il nous a ensuite aidé pour la deuxième partie et, ensuite avec quelques potes, on a continué jusqu’au résultat de maintenant! La construction, ce n’est jamais régulier, par contre ! [Rires] Un coup, on bossait pas mal et, quelques fois, pendant six mois, on ne faisait rien…

Romain, "à la maison" sur son frontside hurricane…

Les gens commencent à connaître ton spot, ça ne débarque pas trop sans prévenir?
Non, ça ne débarque pas trop sans prévenir… Moi ça me ferait plaisir que plein de monde tape la session! C’est toujours cool, les sessions à la maison avec plein de monde!

Ta mère n’est jamais saoulée?
Non, ma mère est grave cool. Elle kiffe, elle connaît quasiment tous ceux qui viennent skater régulièrement. Elle fait l’apéro avec nous, et elle a déjà tapé les barbecues avec tout le monde !

Si tu pouvais, toi, débarquer sur le spot de quelqu’un, n’importe où dans le monde, ce serait chez qui?
Je ne sais pas du tout… Mon kiff serait d’aller skater les piscines dans les jardins aux États-Unis, partir en trip avec des potes skater les parks en Oregon, skater les spots DIY comme Burnside, San Pedro, Washington Street, FDR, Marginal Way… Ça, ce serait cool, pas de spot particulièrement chez quelqu’un, juste un bon spot, des potes, des bières!

J’ai cru voir sur le net que tu avais attaqué un nouveau spot?
Ouais, avec des potes, pas loin de chez moi. C’est secret-défense ! [Rires] Mais ce n’est pas le seul, d’ici peu il y en aura partout. [Rires]

D’autres envies pour le jardin? Tu as encore de la place?
Ouais, le jardin, j’ai de gros projets et pas mal de place! Si un jour, je récupère la maison, mes projets seront de faire une bonne grosse mini en bois dans le garage pour l’hiver, et un pool de l’autre côté du spot, et peut-être modifier le spot actuel avec le temps! Voilà, gros projets et, là, ça sera le top du top, je ne sortirais plus de la maison ! [Rires]

La question à mille Euros: les voisins?
Les voisins, on n’a pas vraiment eu d’histoire… Quand il y avait la micro, des vieux cassaient les couilles. Ma mère les envoyait chier à chaque fois! Pour le bowl, pas grand-chose, les gens d’en face sont des camés, ils sont tout le temps éclatés… C’est assez marrant, tu as de quoi faire un long-métrage ! Sinon, un voisin, que l’on connaît bien, venait de perdre sa femme, et il est venu une fois péter un plomb, ce que je comprends tout à fait, mais il était plus vénèr’ par les barbecues et fiesta qui durait jusqu’à l’aube pendant des jours et des jours! Voilà, sinon pas de pète-burnes, pour l’instant, dans le quartier!

Une conclusion ?
Je remercie déjà tous ceux qui me soutiennent : Converse, Cream skateshop et Witchcraft hardware! Plus toute ma famille, mes potes, ceux qui m’ont aidé pour le spot, et tous les autres!
SKATE AND DESTROY
AMOUR ET PASSION

Et voici ce que peut donner une session à Covoland, un jour de gris :

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