Vincent Bressol, en 5!

Photo: Kevin Couliau

Interview: Benjamin Deberdt

"Je dois dire que je vis mes meilleures années de skate."

On ne présente plus Vincent Bressol, souvenez-vous, il jouait “le Parisien” dans le désormais classique Europa, puis il fut l’un des premiers skateurs européens sponsorisés à faire le grand saut et à déménager à La Mecque, enfin à Barcelone. Lui n’a pas fait semblant, puisqu’il y vit toujours, des années plus tard, et sa discrétion dans les médias pourrait faire croire qu’il a un peu raccroché le planchon, comme l’on dit. Que nenni !
Le voilà de retour avec la nouvelle incarnation de Metropolitan skateboards, et même une planche à son nom. Et voici ce qu’il a à en dire !

tu en es, de ta vie, alors?
Je suis toujours à Barcelone, et je travaille en tant que représentant pour Nike.

Pourquoi tu t’es senti de rejoindre Metropolitan dans sa nouvelle version?
Quand Chloé Bernard et David Couliau m’ont proposé de rider pour Metro’ en tant que pro, je me suis senti flatté et je leur ai dit que j’appréciais qu’ils aient pensé à moi mais que, peut-être, il serait plus dans leur intérêt de prendre quelqu’un de plus jeune et qui monte dans la scène skate actuelle, comme le font la plupart des compagnies. Je leur ai gentiment dit que je pouvais représenter la marque en skatant les boards partout où j’irai mais de là à être pro… Non pas que je ne skate plus –don’t get me wrong !–, je passe énormément de temps sur ma planche. Je suis toujours aussi passionné, j’apprends toujours des tricks, et je dois dire que je vis mes meilleures années de skate.
Là, ils m’ont expliqué que l’idée du New Metropolitan était de constituer un team de skateurs qui aurait la trentaine ou plus. De là, l’idée m’a plu, une compagnie de skate avec un team de “skateurs de 30 et plus qui se connaissent tous, qui ont tous un job, qui n’ont jamais arrêté de skater et qui sont toujours aussi passionnés”. J’ai trouvé cela original, et c’est vrai qu’à ce jour, je n’avais pas encore jamais vu de compagnie se positionner sur ce créneau. De plus, l’idée des collabs cruiser avec artistes, et d’avoir Marke Newton comme graphiste, ça m’a plus aussi. Je trouvais qu’ils ne se prenaient pas la tête et que tout le monde était motivé. Mon deal avec 5Boro se terminait, et d’ailleurs j’en profite pour remercier Luigi Gaydu et Steve Rodriguez pour m’avoir “hook up” toutes ces années. C’est une marque que j’apprécie beaucoup. Je suis content de démarrer cette nouvelle aventure avec Metro', à voir où cela nous mènera.

Qu’est-ce que tu cherches dans un sponsor, de nos jours, avec ton expérience?
"De nos jours" comme tu le dis, les choses ont bien changé. Je pense que si l’on a un regard lucide sur ce qui se passe en ce moment, avec la crise, il ne faut pas s’attendre à avoir ce que l’on pouvait avoir à l’époque où je ridais pour pas mal de compagnie au début des années 2000… C’est-à-dire un salaire, du matériel, des frais de déplacements, beaucoup de tournées. Je vois plein de kids, aujourd’hui, avec un super niveau qui n’ont pas le quart de ce que l’on avait à cette époque, et je trouve ça vraiment triste. De nos jours, avec du matériel, tu peux être content, et si on te fait voyager, là c’est le paradis.

Quand est-ce que tu te vois revenir vivre en France?
Je ne sais pas trop, pour l’instant… Si je dois y retourner, ce sera pour raisons professionnelles, à mon avis. Et sûrement aussi parce que les yogourts et les compotes, et le fromage me manquent… Ah oui, les viennoiseries, aussi. Ici, on peut en trouver des vraies, comme en France mais elles sont chères. Je ne te parle même pas des crêpes : 4,50 € la crêpe Nutella! T’es là, le tarif, t’es là!

Qui tu aimerais avoir, chez Metropolitan?
J’ai beaucoup d’amis qui ont la trentaine et qui skatent encore, mais on ne peut pas prendre tout le monde! Non, je verrais bien un Vassili Ritter ou un Frank Barattiero, et en américain, pourquoi pas Ricky Oyola? Mais il a déjà sa compagnie. Bref, je ne sais pas trop, elle est bizarre, ta question… Tu veux que j’aie des problèmes avec coach Couliau!?

On ne se méfie jamais assez du trentenaire ! La preuve en images: