"El Ombligo De La Luna" / PREMIERE / Daniel Peña / INTERVIEW

Daniel Peña est un skateur et activiste de longue date qui officie à Mexico City, et dont le palmarès de production comporte celle de zines, de wear mais aussi et surtout, depuis 2017, il gère Milquinientosveintiuno - ou "1521" - et c'est depuis lors sa focalisation principale, ayant pour l'occasion composé un vrai team avec ses potes dont il partage le goût pour certaines esthétiques plancharouletturbaines, et pour les activités créatives en général. "EL OMBLIGO DE LA LUNA", c'est la toute nouvelle (et, officiellement, première) proposition audiovisuelle de la marque, qui nous a été à l'origine présentée par un contact en commun : Jesse Narvaez, et que LIVE vous présente à tous aujourd'hui, histoire de rêvasser devant des cieux plus que jamais lointains mais aussi d'étudier la variété de l'architecture, des approches et des styles dont le Mexique peut témoigner. Et bien sûr, dans sa course effreinée, on a rattrapé Daniel en personne, histoire d'en savoir plus et c'est aussi ce que LIVE vous propose aujourd'hui, ci-dessous...
 
*
 
LIVE Skateboard Media : Yo Dan, comment va ? Pour commencer, ce nouveau montage de ta part : "EL OMBLIGO DE LA LUNA", que tu présentes aujourd'hui, est une production Milquinientosveintiuno qui, selon le sphynx Instagram, existe en tant qu'entité depuis 2017 et "se concentre sur le skate dans les rues de Mexico City" - est-ce correct ? Tu as grandi là-bas ? A quoi ressemble ton parcours skate et vidéo, en général ?
 
Daniel Peña : Yo ! Tout va bien ici. Oui, c'est exact, on se concentre sur les rues pour skater... Rien de bien neuf [rires].
 
Je viens d'une petite ville en banlieue de Mexico City, à la base. Je skate depuis 2003 et j'ai commencé à prendre des photos autour de 2007, 2008. La curiosité m'a habité dès que j'ai visionné des vidéos comme "MOSAIC", "INHABITANTS", "MINDFIELD" - tu sais, à cause de leur côté arty, et ça m'a motivé à moi-même me procurer un appareil afin d'expérimenter avec moult angles au cours des sessions avec mes potes de l'époque, ou encore ici et là dans la ville, à capturer des détails - chaque jour.
 
J'ai commencé avec un boîtier 35 millimètres half-frame et un Polaroid SX-70 ; quelque chose de numérique, ça ne m'intéressait pas, pour moi c'était plus simple et moins cher d'obtenir les résultats que j'escomptais avec le format pellicule.
 
Quelques années plus tard, je me suis intéressé davantage à la photographie en grand format, j'ai pris des cours dans un atelier photo et j'ai commencé à réfléchir à une direction pour mon travail en général ; au début, j'envisageais un simple blog, et puis un pote m'a invité à faire un zine - au final, on a sorti six numéros.
 

"Milquinientosveintiuno
est le prisme actuel
de tout ce que
je sais faire"

 
En 2015, j'ai rencontré Adán Belío - on était tous les deux sans sponsor de boards à l'époque, et on a commencé à envisager de constituer un crew puisque lui filmait - efficacement - à la VX-1000 et moi, je prenais des photos. On a ainsi décidé de créer notre propre contenu et d'expérimenter avec de nouveaux formats (pour nous), dont le Super 8.
 

Adán Belío, frontside 50-50. Ph.: Daniel Peña
 
LSM : Ton Instagram mentionne également As de Paz et 1303 Zine, quel est ton rattachement à ces deux projets, exactement ? Qu'as-tu à relater de leur degré d'activisme, et de ce qu'ils amènent à la culture alternative de ta scène ? Les deux poursuivent-ils une certaine vision particulière ? En plus de produire des vidéos de skate, en fait, quelles sont tes autres activités créatives ?
 
Daniel : Oui, je travaille sur ces projets avec deux amis ; 1303 est un zine qui regroupe notre travail photo ainsi que des contributions d'artistes mexicains divers : des peintures, des collages papier... 1303 est en pause, ces temps-ci, mais j'espère en raviver la flamme bientôt.
 
As de Paz est une marque de vêtements pour ceux qui vivent dans la rue : les skateurs, mais pas que, les graffeurs aussi, par exemple.
 
Je suis impliqué dans les deux aventures depuis leurs débuts respectifs mais ces jours-ci, je suis vraiment concentré sur la production liée à Milquinientosveintiuno [1521].
 

"Une marque qui reflète
notre identité nationale,
et renverse Mexico
par-dessus bord
"

 
Récemment, 1521 m'a pas mal occupé, en fait - c'est le prisme actuel de tout ce que je sais faire, et j'essaie de transformer ça en véritable marque de skate.
 
LSM : Revenons-en au plat du jour, maintenant : "EL OMBLIGO DE LA LUNA". Ce n'est visiblement pas la première production vidéo Milquinientosveintiuno - saurais-tu nous toucher un mot au sujet des précédentes ? Et en ce qui concerne ces nouvelles, pas du tout suspectes quatre minutes et vingt secondes d'images de skate urbain fluide - comment leur collecte s'est-elle mise en place ? De par cette expérience, comment décrirais-tu la scène de Mexico City, et comment dirais-tu que le skateboard y est vécu, par les skateurs mais aussi les habitants en général ? Et enfin, comment as-tu choisi ces skateurs en particulier - ce sont des potes, des gens dont tu aimes le style, des riders ? Filmer avec eux, c'était comment ?
 
Daniel : Ce n'est effectivement pas la première vidéo, mais c'est la première vidéo "officielle" de la marque, en un sens.
 
Avant celle-ci, on a fait deux montages histoire de se familiariser avec le processus de création, ainsi que l'utilisation des outils : la VX-1000, la Super 8, l'intégration des photos, le montage, la recherche de la musique, etc...
 
Ces montages ont également servi de test pour repérer qui pourrait éventuellement intégrer le team, au final. Ensuite, après leur sortie, on a décidé de passer à une dimension un poil plus sérieuse en produisant notre première board, et en réalisant une vraie vidéo représentant notre nouvelle marque - une marque qui reflète notre identité nationale, et renverse Mexico par-dessus bord.
 

Daniel Peña, fastplant. Ph.: Zair Baltezar
 
Oui, tous les spots sont à Mexico City ou dans ses banlieues.

En terme de vision générale, la scène locale actuelle se porte bien - il y a beaucoup de nouveaux kids qui défoncent les spots, produisent question média et font plein de choses.

La perspective pour les skateurs locaux s'ouvre de plus en plus largement avec davantage de marques, d'activistes, de parks ; pour les riverains, le skate est acceptable, il n y a que dans certaines zones de la ville où tu risques éventuellement des soucis avec la police ou les locaux si tu y vas pour chercher des spots mais rien de bien dangereux. Les gens sont habitués au skate.

Notre team est jeune et donc, encore petite : elle se compose de Benny Santa Cruz, Adán Belío et moi-même. Je trouve qu'on a des choses en commun, tel qu'un certain goût pour la recherche de spots ou encore tous les éléments qui, en fin de compte, font de 1521 ce que la marque est.

On vient de Mexico City, on connaît très bien l'endroit, on adore notre culture en tant que Mexicains et on pense pouvoir combiner cette héritage avec le skate pour produire des choses intéressantes.

"La scène grandit,
ici, de nos jours -
tout le monde bosse
sur des trucs
"

Je trouve qu'on fonctionne bien ensemble, dans une optique pas si sérieuse et en prenant les choses comme un hobby : celui de prendre sa planche et de monter dessus dans la rue. C'est ce qu'on fait, chaque jour, depuis le début : on va skater et on essaie de conquérir des spots.

Cette expérience que de travailler avec ces types, pour moi, c'est la meilleure possible ; on s'en retrouve tous épanouis dans notre vie quotidienne, et j'espère que tout ne pourra aller qu'en se développant.

LSM : Pour partager "EL OMBLIGO DE LA LUNA", tu as contacté LIVE via un contact commun : Jesse Narvaez. Comment l'as-tu rencontré, toi ? D'une manière générale, à quel point es-tu familier avec les scènes extérieures à celle de Mexico City et que d'irais-tu de celle de chez toi, mais à l'échelle nationale ? More generally, how familiar are you with the other scenes around Mexico and what would your words be on the current state of skateboarding in your country in general? Par exemple, il y a quelques mois, LIVE a présenté "VIDEOSTILL", une vidéo d'un jeune filmeur de Guadalajara, Dom Diaz - en as-tu entendu parler, et que penses-tu des jeunes générations qui, partout dans le monde, persistent à embrasser la VX-1000 malgré l'existence de caméras plus avancées ? Filmer à la VX-1000 au Mexique, c'est difficile ? Des productions, des artistes, des marques, des liens locaux que tu aimerais présenter ?
 
Daniel : Jesse et les gars de Loophole Wheels sont venus à Mexico, un certain hiver - je les ai rencontré via Adán qui, lui, les connaissait de cinq ans auparavant.
 
J'ai expliqué notre intention avec 1521 Skateboards et la vidéo à Jesse, et il nous a vraiment soutenu - il était à bloc du résultat et m'a dit qu'il nous connecterait, ça s'est fait vraiment spontanément.
 

"Chacune de tes créations se doit
d'être réalisée de la meilleure façon
qui soit, mais aussi de la façon
que tu choisis
"

 
Comme je le disais plus tôt, la scène grandit, ici, de nos jours - tout le monde bosse sur des trucs, qu'il s'agisse de contests, de vidéos, de photos, de marques... C'est chouette de voir comment, pas à pas, le skate mexicain commence à laisser son empreinte sur le monde.
 

Benny Santa Cruz, gap to frontside lipslide. Ph.: Daniel Peña
 
Pour ce qui est de Dom, oui, j'ai vu sa vidéo lorsqu'elle est sortie sur LIVE - je ne l'ai jamais rencontré, mais j'ai trouvé sa vidéo intéressante et j'ai remarqué son utilisation de la pellicule, aussi, ce qui fait plaisir à voir.
 
Je trouve que c'est important que chacune de tes créations se doive d'être réalisée de la meilleure façon qui soit, mais aussi de la façon que tu choisis ; Mini-DV / pellicule ou H.D. / numérique, après, c'est une question de goût personnel. Evidemment, chacun connaît la différence entre les deux extrêmes, et à quel point l'analogique se doit de rester en vie aussi longtemps que possible, puisque beaucoup de gens ont grandi avec cette technologie et la sensation de pouvoir à son tour l'utiliser, pour recréer "comme à l'époque", est incroyable - c'est ce type d'enthousiasme qui inspire, selon moi, les gens à continuer à investir dans la VX, le Super 8 ou la pellicule de nos jours.
 
C'est vrai qu'ici, filmer à la VX peut être compliqué puisque la caméra elle-même doit être importée, ce qui coûte cher ; mais une fois que tu l'as, après, les cassettes sont faciles à trouver, et pas chères.

S'agissant de recommandations, je pense à mes deux potes Daniel Vigenor et Joel Tlacaelel - tous deux photographes de skate dont j'adore le travail, ainsi que mes potes de Jungle Skateboarding à Querétaro, clairement !
 
LSM : Très bien, Dan, c'est le moment de terminer ! Des remerciements, des projets en cours, une évolution prochaine à observer ? Merci pour ton temps !
 
Daniel : Merci pour ton temps ! Oui, la prochaine étape, c'est de continuer à bosser sur 1521 Skateboards à plein temps, et de faire plus de graphiques - on voudrait faire une full-length dans un avenir proche, aussi... Mais pour ça, il va falloir skater beaucoup, dans d'autres villes et, j'espère, d'autres pays ! Recruter de nouvelles têtes, aussi, et écrire notre propre histoire.
 
Merci, et à plus ! Santé !
 
*
 
Contenu bonus : pour davantage des mêmes zouzous, s'il vous plaît, rendez-vous service et visionnez aussi "HUIXQUI" par George Toland !
 
 
*
 
Live Skateboard MediaLive Skateboard Media

Patientez pour passer l'annonce...
Fermer