Focus / Lionel Dominoni

nterview et portrait: Benjamin Deberdt
Photos et vidéo: Julien Sola

 Benjamin Deberdt

Lionel fait partie de ces skateurs qui ne cherchent pas les feux de la rampe plus que cela, mais n’en restent pas moins un sujet de conversation pour beaucoup… Il est où, il fait quoi ? Je ne vous garantis pas de grandes révélations, mais au moins la confirmation de la chose qui fait parler de lui : son talent à manipuler sa planche avec une aisance et une décontraction, tout au moins apparentes, qui en rend jaloux plus d’un.
Bref, Lionel ne changera pour rentrer dans aucun moule, et c’est plutôt agréable à constater dans notre petit monde conformiste à souhait. Lionel, c’est Lionel, si tu kiffes pas, tu regardes pas, et puis c’est tout… Enfin, ça c’est si Lunatic avait écrit un couplet sur lui… Vu que je suis seul, là, on va dire que Lionel fait ce qui lui vient naturellement, le fait bien, et c’est à nous de nous y adapter !

Présentes-toi pour ceux qui ne te connaissent pas du tout…
J’ai 25 ans, et je suis dans ma septième année à Paris. Avant, j’avais fait deux ans de lycée à Nice, et auparavant je vivais en Afrique. J’ai fait un an à Djibouti, quand j’étais tout petit, après le Bénin pendant cinq ans, ensuite la Côte d’Ivoire, puis le Togo cinq ans à nouveau. C’est là où j’avais rencontré Boris Proust et où j’avais commencé le skate. Au collège, quoi…

Au final, tu t’étais installé à Paris pour les études ?
Oui, les études, et puis Nice ne m’avait pas plu plus que ça. Je venais souvent ici en vacances, j’avais rencontré deux, trois personnes, via le skate, comme à Bercy… Du coup, je me suis dit : « pourquoi ne pas venir vivre ici ? »

Et, maintenant, tu en es où ?
J’ai arrêté la fac depuis un et demi et, depuis, ça profite… [Rires] Ça skate !

Tu n’avais pas pensé déménager à Barcelone, d’ailleurs ?
C’était un projet Erasmus, mais ça ne s’était pas fait. Barcelone est le genre de destination prisée, et ils ont peu de places pour beaucoup de prétendants. C’est sur dossier, et les filles sont forcément privilégiées parce qu’elles sont censées être plus sérieuses. Ce qui est vrai, d’ailleurs ! Donc, s’il y a seize places, tu sais qu’une dizaine iront à des filles. Tu as intérêt à te vendre ! [Rires] Je ne me suis pas bien vendu, du coup…

 Julio Sola

Switch ollie à Zagreb. Photo: Julio Sola

Et niveau sponsors, tu en es où, là ?
Depuis peu, je skate pour Nike. J’avais fait une petite escapade chez éS, et quand la marque s’est arrêtée, on m’a proposé de recevoir des Nike, ce qui me va très bien ! Et, sinon, je skate toujours pour Element, et Nozbone skateshop.

Tu es prêt, mentalement, pour ce projet d’une nouvelle vidéo Nozbone dont j’entends parler ?
[Rires] Que mentalement, alors… Ouais, ça va le faire, s’il y a moyen d’organiser deux, trois voyages un peu différents. Et puis l’équipe est cool, voyager et skater avec eux, c’est toujours cool !

Tu ne bouges pas tant que ça, est-ce que ça ne devient pas chiant le skate à Paris, au bout d’un moment ?
C’est clair que quand tu as rodé les spots connus et habituels, c’est un peu moins la motiv’, mais justement, du coup, ça te pousse à se motiver. Parce que tu sais qu’il y a plein de spots à gauche à droite, mais tu n’y vas jamais par flemme, parce que personne n’a envie d’y aller, parce que c’est chiant niveau piétons, bref, c’est Paris, quoi. Du coup, tu te motives de ce côté-là et tu te rends compte que tu as plein de choses… À la limite, si c’est pour rester en France, à Paris, tu as tout ce qu’il faut, si tu te bouges le cul.

Tu serais plus intéressé par partir à l’étranger, alors… Quel genre de destination ?
Au feeling, j’irais bien Côte Ouest, San Francisco. De par tout ce que j’ai vu, pour le skate, comme pour découvrir, ça m’a l’air différent et bien. Ça me branche bien. Sinon, la plupart des gens qui sont allés en Australie, comme Yann Garin, ont tous l’air d’être tombés amoureux du pays. C’est un gros voyage, mais ça me tenterait, si l’occasion se présentait.

Je voulais parler du fait que ta part est surtout construite de lines et, en fait, du skate que tu pratiques réellement…
C’est un peu inconscient… Quand je filme, je ne me dis pas que je vais essayer de faire un truc qui ne me correspond pas. Toute la période où l’on a filmé avec Julio, j’étais plus en mode lines. Donc, je sors et si c’est une line qui sort de la journée, ce n’est pas du tout prémédité, c’est ma manière de skater.

 Julio Sola

Switch frontside heelflip à Paris. Photos: Julio Sola

Qu’est-ce que tu penses du fait que les médias, notamment les magazines, soient en demande de gros tricks ?
Justement, je trouve que ces temps-ci, tu as tout un tas d’aspects différents qui sont mis en avant par tel ou tel crew. C’est sûr que les Américains restent pas mal sur les hammers formatés, mais en Europe, tu vois Palace, ou ce genre de gars, qui mettent en avant d’autres manières de skater. Comme Chewy Cannon : les gens ont l’air de pas mal kiffer ce qu’il fait, et je trouve que c’est un bon côté du skate qui est mis en avant. Ça montre que tu n’as pas forcément besoin, aujourd’hui, de faire du hammer, et si c’est ton kiff de mettre en avant les lines, d’allers dans la rue, tu n’as pas besoin de faire un NBD !

[Rires] On est bien d’accords… Sinon, tu as des projets pour l’été ?
Non… Jeune fauché à Paris ! [Rires] Essayer d’être un peu moins fauché, et travailler…

Tu parlais de Palace, tu as déjà skaté à Londres ?
Non, Londres, je n’y suis jamais allé, mais à travers ce que l’on voit dans les vidéos et ce que des potes me racontent, ça m’a l’air cool… Et puis, c’est à côté, aussi ! Ça pourrait être un compromis pas cher…

La vie à Londres est chère, mais c’est deux heures dix de train !
Sinon, tant qu’on me propose un voyage, j’y vais ! C’est l’un de mes trucs préférés, donc je suis ouvert. J’ai plus envie de choses lointaines, parce que ça fait rêver, mais je suis près à aller n’importe où.

Sinon, les skateurs qui te motivent, ces temps-ci…
Un paquet… Qui est-ce qui sort du lot ? Palace, je trouve ça vraiment intéressant, c’est novateur, tout en gardant un côté super sale ! Sinon, ce sont les mêmes influences depuis toujours, Marc Johnson, Jason Dill, Jake Johnson… Et en France, Lucas, le maître ! C’est toujours motivant de voir ses images, et puis de les voir bouger à fond, dans le Sud, ça fait plaisir !

Live Skateboard MediaLive Skateboard Media

Patientez pour passer l'annonce...
Fermer