INTERVIEW / George Booth Cole / GALERIE

Histoire de briser la glace avec un sombre calembour que les plus anglophones des plus fervents fans de vidéos de skate japonaises comprendront (oui, c'est très spécifique...), George Booth is tight ! Bon, maintenant qu'on a passé le cap toujours un peu étrange de l'introduction, attardons-nous un peu sur à quel point l'énergumène est, effectivement, plutôt chouette : depuis des années maintenant, il est impliqué aux côtés de George Toland et du crew Serious Adult (qui vous a récemment présenté "Teddie"); qui nourrissent réellement leur scène, avec un pied dans le sauvetage du spot mythique de Southbank à Londres mais également via leur documentation du talent des nouvelles générations londoniennes, très souvent excellent, et dont ils font eux-mêmes partie intégrante. Le langage de Booth, c'est celui de la photographie et ça fait maintenant un bail qu'on peut le voir exposer ses travaux, tirages et zines sur Instagram ; une sélection aussi savamment commissionnée qu'abondante et le tout, développé maison. En septembre dernier, tout le crew s'est (une fois de plus) envolé pour le Vladimir Film Festival en Croatie, pour quelques jours de skate intense ; histoire de teaser le montage en ayant résulté, concocté pour LIVE par George Toland et à la sortie imminente, voici une galerie photo de George Booth Cole, comprenant des images du dernier Vladimir, donc, mais également du making-of de "Teddie" ou encore de l'un de ses projets personnels au Japon. On a même attrapé le type à la volée, histoire de l'interroger un peu !
 
LIVE Skateboard Media : Pour nos lecteurs qui ne seraient éventuellement pas au courant, comment décrirais-tu le Vladimir Film Festival et son concept en quelques mots ? Comment s'est déroulée ton expérience là-bas, avec qui es-tu parti et as-tu apprécié ton séjour ?
 
George Booth Cole : Pour moi, le Vladimir Film Festival est un point de rencontre annuel pour tous les acteurs du skate underground partout dans le monde, chapeauté et organisé par Nikola et toute l'équipe de la petite ville portuaire de Fazana en Croatie.
 
Je suis venu avec mon crew de Londres : les Serious Adults, mais vu l'ambiance c'était clair que peu importe avec qui tu arrivais là-bas, de toute façon tout le monde aller se mélanger et former un gros groupe avec tous les autres participants au festival.
 
LSM : Sur place, tu étais clairement un élément actif du crew à improviser des photos directement sur le spot, qu'il s'agisse de photos de skate ou d'ambiance, d'architecture alors que Toland faisait pratiquement la même chose, mais en vidéo avec sa VX. A quoi ressemble ton parcours de photographe ? Je sais que tu as fait des zines. C'est le skate qui t'a fait approfondir la photo, ou s'agit-il là de quelque chose que tu as découvert indépendamment ?
 
GBC : Aye cheers, c'était trop bien que de pouvoir enfin faire l'expérience du festival, après que le reste du crew s'y soit déplacé l'an dernier et m'aie raconté tous les bons souvenirs en revenant.
 
Hum, j'ai commencé à prendre des photos dès qu'on a commencé à skater en ville à Londres quand on était kids. George Toland faisait de chouettes photos aussi, d'ailleurs, à l'époque où Grey Skate Mag s'est lancé, ce qui m'a vraiment motivé à faire de la pelloche en noir et blanc. J'ai toujours eu une fibre pour la photo, mais je crois que c'est à ce moment-là que j'ai acheté un petit reflex 35 mm pas cher que j'ai commencé à tout le temps emmener en session, pour documenter tout et rien.
 
Et puis j'ai juste continué, après quelques années j'ai commencé à faire des zines sur la base de nos trips de skate. Au fil du temps, j'ai commencé à shooter davantage de travaux documentaires sans rapport direct avec le skate, mais le skate sera toujours important, donc je veux continuer à documenter ce qu'on fait en tant que crew.
 
LSM : Tu ne shootes qu'en argentique ? Tu développes toi-même ? Tu utilises quel type de matériel, tu tends à avoir une approche plutôt minimaliste axée autour de la lumière naturelle plutôt que sur l'utilisation de flashs, non ?
 
GBC : Oui en ce moment je ne shoote que de la pelloche, surtout du noir et blanc.
 
Tout mon noir et blanc, je le développe moi-même, c'est beaucoup moins cher et tu n'as pas à attendre après un labo.
 
Je n'ai pas une approche spécifique quant à comment j'aime shooter, j'ai toujours un télémètre sur moi au cas où je voudrais improviser une photo dans la rue mais ce qui va dicter si j'utilise ou non des flashs, c'est surtout le côté pratique de la situation.
 
Quand on a commencé à filmer pour la vidéo Serious Adult "Teddie", j'ai acheté un fish-eye russe pas cher pour reflex 35 mm et quelques flashs. Donc ça n'est que relativement récemment que j'ai commencé à shooter du skate de manière plus coordonnée, dira-t-on. Mais c'est une expérience intéressante ! Calculer les angles et l'installation des flashs, ça s'apprend sur le tas, donc je foire encore régulièrement mes prises, désolé les gars ! 
 
LSM : Qui sont tes photographes de référence ? De skate ou non...

GBC : J'ai toujours été principalement inspiré par Robert Frank, ainsi que par Shomei Tomatsu, Ari Marcopoulos, Benjamin Deberdt et mon bon ami Masa Yoshimoto aussi, que ce soit pour leurs photos de skate ou leurs travaux documentaires.
 
LSM : Combien de pellicules as-tu shooté en Croatie ? Combien de film utilises-tu en général ? Si tu shootes beaucoup, toutes ces pellicules, tous ces traitements, ça ne te coûte pas trop cher ?
 
GBC : Au festival, j'ai du shooter quatre films.
 
Ma fréquence d'utilisation de pellicules varie beaucoup ; si je suis en voyage, ça peut être de l'ordre de deux ou trois par jour, mais à Londres, je vais peut-être en exposer deux par week-end, si on va skater ou si je shoote pour un projet.
 
En ce moment, j'ai un emploi à plein temps de paysagiste et aussi, je fais partie d'une asso photo avec accès bon marché à une chambre noire dans le sud de Londres, donc au prix d'une petite mensualité, je peux développer tout le film que je veux. J'ai aussi un pote qui bosse dans un magasin de photo et me fait des promotions sur les pelloches, donc au final, je ne m'en sors pas trop mal. C'est juste un peu plus laborieux que de faire des allers-retours au labo, en attendant leur réponse de semaine en semaine.
 
LSM : Tu bosses sur une publication ou une exposition, en ce moment ? Qu'as-tu donc en tête pour la suite ? Quoi à venir pour George le Tight Booth ?
 
GBC : J'ai quelques tirages d'exposés à 'Process Supplies' à Londres en ce moment, issues d'un projet à long terme de documentation de certaines communautés rurales au bord de la rivière d'Osaka City, au Japon, en 2017. Depuis septembre, je suis sur un projet avec une famille d'agriculteurs vivant dans un village de campagne en Hongrie, je ne sais pas du tout quand tout cela aboutira. L'an passé a été productif en termes de photos et de matériel en général, donc pour l'an prochain je voudrais assembler quelque chose, avec le G Thomas Dettori de Marseille on discutait de partager une expo tôt ou tard, ce qui serait top !
Live Skateboard MediaLive Skateboard Media

Patientez pour passer l'annonce...
Fermer