Josh Pall / Interview

Si le nom de Josh Pall vous dit quelque chose, ce n’est sans doute pas parce que vous avez vu un type vous raconter qu’il a vu un gonz vomir à la bringue de la veille au soir sur une story ; sans doute pas non plus parce qu’il vient d’ouvrir un colis avec une nouvelle paire de jeans sur snapshat. En effet, Josh est plutôt discret quand il s’agit de se montrer à tort et à travers, pour essayer de vous rendre jaloux.

A l’inverse, sur son skate, notamment dans les productions toujours de qualité de Pass~Port, il est loin de passer inaperçu, quoique bien trop rapide pour analyser sa coupe de cheveux a priori toujours impeccable, cela dit. Oui, Josh skate vite, même très vite, et ce n’est pas le spot rocailleux peu pratique qui l’empêche de pousser une fois de plus, tout en trouvant une idée originale. Bref, avec Josh, à la fin, c’est toujours le beau skate qui gagne.
 
Comme suite au post d'hier comprenant le clip célébrant la sortie d'une nouvelle collection Carhartt x Pass~Port, voici quelques phrases qu'on a pu échanger avec Josh, juste à temps pour le lancement de la collab' à Paris, demain !
 

Photos: Thomas Robinson

 

LIVE Skateboard Media : Aux yeux de l'Européen lambda non averti, l'Australie, ça ressemble pas mal aux U.S., quand même. Puisque tu es familier avec les deux cultures, où situerais-tu leurs différences ?

Josh Pall : La culture du pub est complètement différente en Australie : tu te pointes au troquet habituel, tu vois tes potes, vous mangez ensemble - ça ressemble beaucoup plus au Royaume-Uni, en ce sens. Aussi, question nourriture, l'Australie est clairement multiculturelle, et les U.S. aussi mais depuis que j'y suis, je me découvre une nouvelle sensibilité pour d'autres saveurs et d'autres cultures desquelles j'étais davantage isolé à l'époque, du fait de la proximité de L.A. avec le Mexique. Je kiffe bien !

"Un autre loisir créatif que le skate qui permet de s'en défaire un peu, c'est l'idéal, je pense"

LSM : Tu es passé pro il y a quelques années ; ça a changé grand chose à ta vie, par rapport à quand tu étais amateur ?

JP : Pas vraiment, non ; je fais toujours la même chose. A quel point ce genre de transition affecte ou non quelqu'un, tout dépend de la personne ; au final, tout ce qui change, c'est qu'on a son nom sur la planche qu'on skate.

Si, oui ; j'imagine que j'aurais la possibilité de contribuer des idées de graphiques de board, mais c'est pas mon genre, je le fais rarement...

LSM : A ton sens, quels sont les skateurs australiens les plus iconiques ?

JP : Il y en a eu plein, mais je dirais Shane Cross, Dustin Dollin et Lewis Marnell - tous trois sont icôniques, et ont forgé la vision du skate des pratiquants de ma génération.

Ils avaient chacun leur propre style, leurs propres goûts, et ils sont tous les trois partis aux U.S. pour se faire un nom à l'échelle mondiale. R.I.P. Shane and Lewis!


Slappy 50-50.

LSM : Tu as commencé par déménager de Melbourne à Sydney et maintenant, te voilà installé à L.A., qu'est-ce qui t'a fait prendre une telle décision et comment les choses se passent-elles pour toi, là-bas ?

JP : J'ai bougé de Sunshine Coast dans l'état du Queensland à Sydney quand j'avais vingt ans, et j'y ai vécu huit ou neuf ans.

Je pense que c'était parce qu'il s'y passait plus de trucs, pour un jeune, c'était attractif. Et puis une fois que tu en as fait le tour, c'est comme n'importe quel endroit : tout semble devenir trop normal, trop familier. Je crois que j'ai juste atteint un seuil dans ma vie où je voulais essayer quelque chose de différent, et certains éléments se sont mis en place au bon moment pour me permettre de réaliser cette opportunité.

J'avais des potes à L.A., et j'ai décidé de travailler à l'obtention d'un visa. C'est top ici, j'aime beaucoup, je m'occupe, et j'adore avoir une nouvelle ville à explorer.

"Il a essayé de mettre une patate à Weckingball devant tout le monde au contest Dime à Montréal l'année dernière, alors qu'il courait partout en slip"

LSM : Quand tu étais encore amateur, tu faisais des petits jobs en plus du skate - de la sérigraphie, de la menuiserie. Et aujourd'hui encore, il semblerait que tu continues à t'occuper et à entreprendre des projets, en parallèle de la planche à roulettes ; tu as ce besoin, quelque part ?

JP : C'est clairement nécessaire d'avoir d'autres exutoires ; un autre loisir créatif que le skate qui permet de s'en défaire un peu, c'est l'idéal, je pense. Si c'est quelque chose qu'en plus tu peux te permettre de faire en parallèle de ce que tu fais, tout en continuant à kiffer, c'est toujours mieux que de bosser sur quoique ce soit d'autre de plus relou.

En ce moment, je fabrique des cadres photo. J'essaie d'équilibrer les deux activités, mais ça me fait du bien que de pouvoir utiliser mon corps, mes mains différemment, et d'utiliser des outils.

Je suis bien connecté à L.A. avec des gens qui apprécient mon travail, donc c'est cool d'avoir un truc dont s'occuper pendant les temps morts, quand le skate devient un peu stagnant.

LSM : Avant ton déménagement, tu étais déjà allé à L.A. en tant que visiteur, mais maintenant que tu es local, comment perçois-tu la scène ?

JP : La scène est bonne - il y a beaucoup de skateurs ici, donc la plupart des spots sont rincés et en trouver de nouveaux est difficile, mais en même temps, à condition de s'impliquer un peu, on peut trouver plein de petits trucs cools à skater. La différence principale c'est que sur un trip, tu n'as jamais le temps de te poser alors que quand tu es installé sur place, sans billet retour, l'urgence de produire à tout prix disparaît un peu...

LSM : Des anecdotes en rapport à ton teammate, Callum Paul ?

JP: Ha !... Je crois que Callum aime bien taquiner les gens là où ça les chatouille, et il y arrive plutôt pas mal...

Il a essayé de mettre une patate à Weckingball devant tout le monde au contest Dime à Montréal l'année dernière, alors qu'il courait partout en slip, dehors - c'était marrant.

LSM : Terminons ! Tu es sur un nouveau projet en ce moment, de type quelconque - vidéo, déménagement ?...

JP : Ha ! Pour l'instant, j'en ai fini de déménager, c'est fatigant.

Là, on bosse sur une nouvelle full-length Pass~Port, qui sortira probablement d'ici quelques mois !


Kickflip.
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