Kraków Bulls (Byczki) / "If You Don't Skate, Don't Start" / Repeat / PREMIERE

En l'espace de quelques mois, le filmeur polonais Krzysztof Godek est clairement devenu un habitué des pages virtuelles de LIVE ; nous vous avions présenté ses productions précédentes, ainsi que sa nouvelle marque : Repeat au fil des mois précédents, et après une première section de sa nouvelle vidéo sortie la semaine passée via Free Skate Mag (segment consacré au skate d'un personnage particulièrement intéressant sur lequel LIVE ne manquera pas de revenir en détail, très bientôt...), il nous - et vous - en propose une nouvelle, aujourd'hui : celle des "taureaux de Cracovie".

Le bestiaire dont il est question, c'est la nouvelle génération de skateurs talentueux et qui montent, sur place - dont certains que LIVE a déjà mis en avant, notamment via les productions d'un autre Polonais prolifique : Kuba Kaczmarczyk des vidéos Grey Area (qui, elles aussi, valent bien le coup d'oeil).

Tout cela méritait bien que l'on attrape Krzysztof au vol, une fois de plus, afin de lui extirper quelques réponses à nos naïves questions...

 

"J'ai investi dans un van afin de pouvoir y vivre, sans avoir de loyer à payer"

 

LIVE Skateboard Media : Yo Krzysztof, saurais-tu raconter à nos lecteurs ton parcours dans le skate, dans le filming et maintenant dans l'industrie, avec ta nouvelle marque : Repeat ? Quelle était ta vision, ta motivation de départ, au lancement d'une telle nouvelle aventure ?

Krzysztof Godek : J'ai commencé le skate il y a dix-sept ans, dans ma ville d'origine : Gniezno. Il n'a pas fallu très longtemps avant que je me sente responsable de documenter tout ce qui se passait autour de moi... Au départ, je faisais des petits montages quotidiens de journées passées au skatepark, et puis en 2008 j'ai sorti ma première vidéo complète locale : "W SZOKU MAX" [la plupart des vidéos mentionnées sont en ligne sur la - riche - chaîne YouTube de l'auteur, NDLR].

Ensuite, j'ai déménagé à Poznań, et puis à Varsovie et c'est là que j'ai filmé une autre vidéo : "PROBLEM?" un peu partout en Pologne et ce, pendant quatre ans - la vidéo est finalement sortie en 2012. C'est à cette occasion que j'ai rencontré la plupart de mes "idoles" polonaises et que j'ai commencé à les filmer, ça s'est fait naturellement.

Le moment est arrivé où j'ai décidé de me consacrer principalement au filming de skate, parce qu'au final, c'était ce dont j'étais vraiment à bloc, donc j'ai commencé à construire des portfolios, à rédiger des C.V., mais je me suis vite rendu compte que ce n'était pas comme ça que les choses fonctionneraient, du coup j'ai déménagé à Oslo histoire de m'essayer à de nouvelles contrées. J'y filmais, mais pas tant que ça - j'étais surtout préoccupé par le travail et mettre de l'argent de côté, sur le moment, histoire d'engranger des économies sur lesquelles vivre et filmer plus confortablement, sans avoir de comptes à rendre.

 

"'Repeat' parce que dans nos vies, la répétition est un mot clef"

 

Après six ans de filming plus récréatif qu'acharné, j'ai malgré tout réussi à sortir "LUNCH" en 2018. Puis, sur la base de mes économies, je suis revenu en Pologne et j'ai investi dans un van que j'ai réparé et aménagé afin de pouvoir y vivre, sans avoir de loyer à payer. Un achat rentable puisqu'il m'a aussi donné la faculté d'être mobile et du coup, pendant un an, j'ai vraiment pu me consacrer à la vidéo, avec pour défi d'en réaliser une nouvelle en moins d'une année (particulièrement rude puisqu'on se coltine facilement quatre mois d'hiver en Pologne).

Donc chaque matin, pendant cette période, je demandais à mes skateurs préférés s'ils avaient quoique ce soit en tête à filmer ; je n'avais aucune idée de qui aurait ou non une part, le processus d'accumulation des clips s'est vraiment fait au jour le jour.

Après un an à ce rythme, j'étais franchement épuisé, tant physiquement que mentalement. Surtout lorsqu'on a traversé quelques périodes peu fructueuses... Du genre, passées à s'acharner tous les jours à filmer des tricks différents, pour finalement ne pas ramener le moindre clip sur deux semaines d'affilée... C'est à ce moment-là que j'ai décidé du titre de la vidéo : "If You Don't Skate, Don't Start, et que j'ai commencé à envisager de retrouver un job pourri qui m'entraverait plus qu'autre chose dans mes projets... Puis, un pote que j'avais rencontré lors d'un trip en Ukraine : Vlad Petruchek m'a retourné le crâne avec un discours inoubliable au sujet de la motivation. Il m'a convaincu de m'essayer à la production de wear et d'accessoires, donc j'ai produit quelques tee-shirts et sweats, une vidéo et douze avant-premières payées partout dans le pays. J'ai appelé la marque "Repeat" parce que dans nos vies, la répétition est un mot clef : mêmes visages, mêmes spots, mêmes actions, réactions, une replaque crado ? On recommence tout depuis le départ... Tu vois le truc.

 

"Le dénominateur commun du crew, c'est de garder l'oeil ouvert"

 

J'ai finalement vendu tous les DVD, les avant-premières étaient toutes blindées, la wear semble appréciée et tout cela m'a rempli d'énergie que je compte bien employer à travailler plus dur encore. Idéalement, j'aimerais en arriver au point où je pourrais payer nos skateurs que j'estime les plus talentueux, et les défrayer sur des trips, sur la base des bénéfices de la marque, pour ensuite faire des vidéos de tournées, skater avec des locaux de partout, se connecter et faire un paquet de nouvelles choses tous ensemble. C'est ça, mon but, avec Repeat.

LSM : Tu veux bien nous présenter les skateurs que l'on retrouve dans cette part des "Kraków Bulls" ["Kraków Byczki" en V.O., NDLR] ? Comment t'es-tu retrouvé à filmer avec eux en particulier, et comment ça s'est passé, tout ça ?
 
Godek : Le fil rouge de cette part, c'est que chacun des skateurs y est vraiment jeune. Elle s'est mise en place assez naturellement, comme je l'expliquais. A la base, Kuba Brniak voulait filmer des images pour un clip de bienvenue chez O.J. Wheels, du coup j'ai conduit mon van jusqu'à Cracovie, où je suis resté une semaine. Pendant qu'on était sur l'affaire, Andrzej Palenica était présent sur les sessions et je lui ai également filmé des trucs. Ensuite, on s'est motivés à aller explorer la ville voisine, Bielsko Biała, pendant un week-end au cours duquel Marcin Myszka nous a hébergé (et lui aussi a gagné quelques clips au passage). A partir de là, on a commencé à répéter les allers-retours entre Cracovie et Varsovie, les uns et les autres et c'est comme ça que cette section en particulier s'est dessinée.
 
Le cheminement était fidèle au processus de la réalisation de l'intégralité la vidéo, en fait. C'était du pur freestyle : quiconque voulait venir skater venait skater et moi, je filmais un peu tout ce qui me plaisait, parmi tout ce qui se passait... J'ai juste toujours voulu faire des vidéos que personnellement, je voudrais regarder, à base de nouvelles interprétations de spots classiques ou de découvertes de terrain frais et nouveau. Le dénominateur commun du crew, c'est de garder l'oeil ouvert tandis qu'ils arpentent leurs propres quartiers de résidence, finalement.
 
LSM : Merci, Krzysztof ! Pour mot de la fin : quelles autres productions skate polonaises tendrais-tu à conseiller aux curieux de ce monde ?
 
Godek : Les productions Filharmonia Skateboarding de Krzysztof Poskrobko (la marque n'existe plus, mais les vidéos sont toujours là [et LIVE se penchera sur le sujet très bientôt, NDLR]) ; les vidéos Grey Area ; Barrier Skate Mag et le travail en général des photographes Kuba Bączkowski et Rafski ; aussi, le skateshop SH Store a un team qui pèse, et bosse en permanence sur de nouveaux projets - dont certains sont d'ailleurs bien en route actuellement... Enfin, on a quelques marques locales qui produisent également des vidéos : Passage, Raw Hide, Hamsterwax, Uliczne Świrusy, Siano Skate, Couchraiders, Fajvo3Station et tant d'autres encore...

 

Live Skateboard MediaLive Skateboard Media

Patientez pour passer l'annonce...
Fermer