Meeting… Nick Jensen!

Portrait et interview: Benjamin Deberdt

"[…] des gens qui ont une vision très claire de ce qu’ils pensent être important dans le skate."

 Benjamin Deberdt

Vous avez tous spéculé à propos de l’exil simultané de tous les rideurs Blueprint, il y a de cela quelques mois, puis entendu dire que deux des principaux acteurs de ce qui fut l’une des marques européennes les plus légendaires, Shier et Jensen, travaillaient sur du nouveau…
Ils publient régulièrement depuis quelques semaines des publicités annonçant, un par un, leurs rideurs sans jamais donner le nom sous lequel ils avaient décidé de se réinventer. Mais, depuis ce matin, Isle skateboards existe bel et bien! Il était temps de discuter de tout cela avec l’un des skateurs du team, et aussi le responsable de ce qui va identifier la marque…

Alors, la marque est lancée, cette fois… Tu te sens prêt?
Oui, c’est existant, et l’on est forcément plein d’attentes.

Tu peux revenir un peu en arrière, pour ceux qui ne sont pas forcément au courant de ce qui s’est passé depuis la mort de Blueprint?
Et bien, en gros, il ne restait plus aucun potentiel avec Blueprint. Ce n’était plus ce que c’était, et il était temps de partir. Et là, Shier et moi nous sommes décidé à lancer quelque chose de nouveau.

Tu es un peu plus qu’un rideur, pour Isle… Comment tu résumerais tes fonctions?
Je m’occupe de la direction artistique, et du team aussi.

Le nom est enfin public. On plaisantait récemment sur les spéculations que le secret avait entraînées. C’est quelque chose que vous aviez prévu dès le début?
On avait décidé de garder la marque secrète, histoire de pouvoir réellement nous préparer, avant la sortie officielle. Pendant le processus de la construction visuelle de la marque, nous avons réalisé que l’on voulait garder ce côté léger, et ouvert, et ne pas partir sur quelque chose de trop marquée. C’était une bonne façon d’intriguer, aussi.
Pour la blague, à Valencia, on a décidé d’utiliser un pochoir pour créer une nouvelle version du vrai nom. Jon Nguyen a eu l’idée de Celest. On l’a bombé sur une planche nue, que l’on a mise dans le fond d’une photo postée sur Instagram. Je me rappelle que plus tôt ce jour-là, j’avais fait une interview sur le site de Slam, expliquant que le nom était dérivé d’un mot plus long, et quelqu’un sur les forums s’est enflammé. Il expliquait que cela devait être une abréviation de “celestial”. Ça a bien fonctionné!

Tu peux nous expliquer ce que le nom signifie pour vous?
On le voit comme un morceau de terre qui est relié à un autre, plus grand. De la même façon que chaque skateur possède sa propre singularité qui le lie aussi au reste du team dans son ensemble…

Pour rester sur le sujet, lorsque tu penses à quelqu’un qui pourrait skater pour Isle, tu recherches quoi?
On pense à des individus à l’intérieur d’un tout. Chacun amène quelque chose de différent, mais j’imagine que c’est une motivation habituelle lorsque tu construis un team. Je dirais des gens qui ont une vision très claire de ce qu’ils pensent être important dans le skate.
Chris Jones amène ses tricks compliqués et chauds en switch. Tom Knox est un skateur londonien super original, qui skate des spots tordus et gros. Sylvain Tognelli est sa propre entité, toujours prêt à tout skater, que ce soit une voiture brûlée, un énorme drop-in ou un ledge en métal. C’est toujours une inspiration. Jon Nguyen a un très bon style et est juste si fort en skate. Il rentre toujours ces tricks si vite! Shier, c’est un “G”. Il se pousse toujours, fait toujours de choses créatives. Il peut se prendre les pires boites, mais se relève et en rigole. Il a rentré des trucs tellement inventifs, à l’époque de Faifields [Spot de la banlieue de Londres, NDLR]! Et il le prouvera encore dans la prochaine vidéo Grey.

 Dom Marley

Frontside 5-0. photo: Dom Marley

Comment c’est de travailler avec Paul?
C’est super ! Bien sûr, on se connaît depuis très longtemps, ce qui aide parce que l’on sait ce que l’autre aime ou n’aime pas. Et je suppose que l’on a un respect et une confiance mutuels, ce qui est toujours un bon début.
Shier s’occupe du côté financier des choses. Il gère la distribution, et notre budget.

Donnes-nous ton curriculum artistique…
J’ai fait Central St Martins [Célèbre école d’art londonienne, NDLR], puis un B.A. en Beaux Arts, et enfin un M.A. à Chelsea. J’ai toujours été très inspiré par la peinture, notamment la collection de la National Gallery. Récemment, je me suis occupé d’une galerie avec un ami à moi de St Martins, et maintenant, on organise des choses dans d’autres lieux, vu que nous n’avons plus d’espace propre. La majorité de mon temps, quand je ne skate pas, je le passe dans mon atelier sur mon travail personnel.

Comment on transfère sa connaissance des Beaux Arts à l’esthétique d’une marque de skate?
C’est une question de présentation et de contexte. Je dirais que, déjà, il faut que cela rende bien sur une board. Des œuvres magnifiques ne fonctionneraient pas sur des boards, tout simplement parce qu’elles ne tiendraient pas dessus, ou ne fonctionneraient pas dans ce contexte.

Qui t’inspire visuellement dans le skate?
Plein de choses. Je suis très inspiré par la façon dont Polar crée ses graphiques, je trouve qu’on sent beaucoup de liberté dans la façon dont Pontus fait ses planches. Et elles ont toujours un style bien particulier, ce qui est bien. Tu peux voir une planche qui a un dessin complètement différent, et tout de même savoir que c’est une Polar. J’aime aussi Alien Workshop, depuis la période Don Pendleton jusqu’aux séries X-Ray ou Warhol d’aujourd’hui. J’aime beaucoup les décos Girl et Chocolate, aussi.

D’autres inspirations, en dehors du skate, pour la direction artistique de la marque?
Je suis des galeries, des marques de vêtements, et regarde beaucoup de livres. C’est toujours intéressant de voir comment les galeries présentent du contenu imprimé, comment ils montrent des œuvres d’art sur leurs sites, etc. Comme de regarder comment une marque de vêtement peut construire une étagère spécialement pour montrer une paire de chaussures, ou quelles couleurs elle choisit pour une veste. Et je regarde beaucoup de livres, pour leur design, leur façon d’intégrer des images. Que ce soit un vieux roman chez Penguin Books ou un catalogue Bauhaus. Je veux étudier plus de pochettes de disques, aussi, parce que c’est intéressant de voir comment elles mettent en valeur les informations, d’une façon assez similaire à ce que tu as sur un skateboard, au final.

Et niveau skate, qui te motive ces temps-ci ?
Filmer pour la vidéo Grey, c’est excitant ! Sylvain est venu, la semaine dernière, et c’était la première fois depuis longtemps qu’il a fait sec tout son séjour. Ça me motive toujours de travailler sur un projet en particulier, surtout si c’est avec de bons potes.

 Henry Kingsford

Backside flip. photo: Henry Kingsford

Je crois savoir que tu es assez difficile niveau spots sur lesquels tu filmes ou prends des photos. Je me trompe?
Jusqu’à un certain point… Mais, en fait, je veux juste tout skater. C’est stupide de ne pas skater un spot pour une histoire de snobisme. Mais, c’est vrai que je trouve plus intéressant de skater des choses moins évidentes. Il faut trouver l’équilibre entre laisser le skate parler, et laisser le spot parler.

Définis ce que tu fais, à ce moment de ta vie, si tu devais l’expliquer à quelqu’un de complètement étranger au skate…
Je fais du skateboard, ce qui veut dire que je roule sur une planche de bois. J’ai des sponsors, et la responsabilité de documenter certaines choses sur cette planche. Je pense aussi à des idées pour mettre sous ce truc, et sinon, je fais de la peinture qui na rien à voir avec ça du tout.

On vous laisse aller vous familiariser avec Isle skateboards ici.

En vous rappelant des capacités de Nick, sur sa planche, avec ce récent clip pour Thunder :

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