Meeting… Vincent Dallemagne!

Portrait: Donger

Interview: Benjamin Deberdt

"[…] tout ce beau monde pratique la zipette ou le wheel bite facilement, et plonge par inadvertance son objet de coolitude dans la Garonne!"

Durant quelques années, Vincent était de ceux dont le nom revenait régulièrement sur Paris, avec le bon trick au bon endroit, sans pour autant être du genre à se mettre en avant… Puis sont venus les blessures et le déménagement vers d'autres aventures, le bonhomme étant du genre à s'investir dans d'autres choses que juste le skate. Ce qui ne l'empêchent pas de sortir deux parts à quelques semaines d'intervalles! L'une ouvrant la J'aime Les Filles de Guillaume Périmony, et concluant ses années parisiennes d'une certaine façon, et une autre sortie en exclusivité sur Live, célébrant sa nouvelle vie bordelaise…
Nous avions donc quelques questions à poser à Vincent…
Benjamin Deberdt

Expliques-nous déjà un peu où tu en es dans ta vie… Je me rappelle de toi quittant Paris, plus ou moins blessé?
L’époque de paris me parait déjà bien loin, désormais! Maintenant, j’ai 25 ans, je suis infirmier auprès de personnes autistes, et j’habite Bordeaux depuis un an et demi. J’ai quitté Paris après avoir eu mon diplôme, mais aussi parce qu’il devenait de plus en plus compliqué pour moi de continuer à skater dans cette ville. Cela me demandait beaucoup trop d’énergie et d'argent. La situation n’allant quand s’empirant, j’ai préféré partir. Bordeaux était la ville toute trouvé pour poser mes bagages. J’y ai trouvé ma femme, un travail, et une ville métamorphosée. Bordeaux est devenue la ville du fun. AKA la “Californie Française”. Il est bien loin le temps où les quais étaient un endroit sale, en friche et délaissé de la populace. Tout le centre ville a été refait, les quais aussi, et malgré la crise, Juppé [La maire, NDLR] nous construit encore des spots sans le savoir . De quoi garder le sourire encore quelques années sur un skate. D’ailleurs ce n’est pas de cela dont je dois parler?

 Marion Monier

Bs tailslide bordelais. photo: Marion Monier

Cette nouvelle situation se traduit comment pour toi, alors?
Elle se traduit avant tout par une qualité de vie peut être vingt fois plus plaisante qu’à Paris. J’entends par là que cette ville est plate, avec un sol parfait et une architecture pensée pour le skate. N’importe quel trajet dans cette ville est faisable avec notre jouet et cela la rend accessible et particulièrement agréable à skater. Ici, toutes les minettes ont un Penny et tous les mecs ont un longboard. L’un des plaisirs de tout skateur puriste bordelais est d’admirer avec quelle beauté tout ce beau monde pratique la zipette ou le wheel bite facilement, et plonge par inadvertance son objet de coolitude dans la Garonne. Sinon, les nombreux projets vidéos sortis cette année, ou en cours montrent que Bordeaux et les Bordelais sont des entités motivés pour le skate.
J’habite également en plein centre. Tous les spots sont à proximité de chez moi et mes potes habitent dans le quartier, ce qui facilitent les choses! Plus besoin de prendre la voiture pour relier les Yvelines au skatepark de Chelles ou même de trouver une place non payante dans Paris…

Bordeaux est une ville pas mal sous les feux de la rampe depuis quelques années… Comment tu décrirais la ou les scènes à ceux qui n'y sont jamais passé?
Je suis heureux que tu t’en aperçoive car les locaux ont une soif de skate assez impressionnante. Cela se ressent dans les événements sportifs tels que des contests au skatepark des quais, des Vibrations Urbaines ou même au nouveau skatepark de “Darwin”. Les kids sont à bloc de skate. Je pense notamment au Choco Crew, qui filment tout ce qu’ils peuvent. On voit en eux une vraie détermination. Les plus vieux, eux, construise l’image de cette ville de manière positive. Yoann Taillandier, Emilien Andrieux, Gauthier Rouger, Bastien Nicollet et Mathieu Giabicani filment en permanence l’ensemble des crews! Imagine la productivité et la visibilité que nous pouvons donner à cette ville. Juppé devrait les payer!
Il existe au moins six shops qui vendent des boards. Cela peut montrer à quel point le skate a une importance, ici. C’est un mode de vie partagé par beaucoup de monde, et avec une énergie positive. Je tiens notamment à remercier Seb de Riot skateshop pour m’avoir laissé organiser l’avant-première de la J’aime Les Filles de Guillaume Périmony. C’est aussi cela qui rassemble les skateurs d’une ville. Le fait qu’il y ait des événements régulièrement nous permets de nous croiser, de rigoler et de skater ensemble. Alors qu'à la base, nous n’avons pas forcément le même style, la même mentalité. La nuit, reste un moment privilégié pour découvrir cette ville. C’est pourquoi les scènes de skateurs noctambules ne sont pas prêtes de dépérir. La ville y est sublimée, à la fois par son éclairage et par la beauté des spots, mais aussi parce qu'ils deviennent skatables sans risque de se faire virer rapidement. Je conclurais cette partie en disant que Bordeaux est un carrefour du skate mondial. Je vous invite à y (re)venir dès que l’envie vous prends, et je me ferais une joie de vous héberger, guider, trinquer avec vous!

 Yoann Kim

Lipslide parisien. photo: Yoann Kim

Et ta planche là-dedans?
Je crois que ma planche vit ce changement plutôt bien. Mon skate a retrouvé la forme et ma motivation s’est enhardie. J’ai retrouvé ici mes potes de skate de lorsque j’avais 17ans, mais aussi de nouvelles personnes. Pour moi, cela a été un facteur d’envie, d’envie de me bouger pour ma passion. De skater avec plaisir tout en ayant l’envie de concrétiser des projets, tel que cette part, par exemple. Elle représente une année de skate entre Bordeaux, Barcelone et Paris. Trois villes du futur! Malgré mes sponsors, Emerica, New Era et Olow, ces road trips ont été financé par mon travail d’infirmier. Cela demande pour moi une réelle organisation et d'apprendre à vivre de façon carré. Mon travail me demande énormément d’énergie. Je m’occupe de personnes qui sont handicapées, et le skate est pour moi un défouloir. Mais je dois en permanence faire gaffe, car si je me blesse,  je mets en péril toute l’équipe qui travaille auprès de ces personnes. Cette responsabilité est parfois pesante, mais je sais qu’elle me fait avancer, dans ce que je suis et dans ma manière de skater.
Depuis un an, mon meilleur pote, Anthony Rousse s’est également installé à Bordeaux. Sa présence m’a permis d’être constamment motivé sur ma planche. Nous avons bougé dans toute la région et skaté des spots auquel aucun Bordelais n’aurait pensé.

Au cas, où vous l'auriez ratée hier, revoici la part dont Vincent nous parlait plus haut, résultat de cette nouvelle vie:

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