PREMIERE / Diligent "Queen Mary II" / Flo Bavouzet / INTERVIEW

Nous vous prévenions pas plus tard qu'hier : l'an deux-mille dix-neuf s'annonce chargé en productions vidéo de part et d'autre, la visibilité étant le nouveau nerf de la guerre ! En l'occurrence, c'est la marque de Lyon Diligent Skateboards qui, aujourd'hui, vous présentent leur nouvelle production (la deuxième vidéo d'une marque de skate française en deux jours depuis la nouvelle année, tiens) et ladite guerre, eux, justement, proclament s'en foutre. Et pendant qu'ils le démontrent avec cette full-length "Queen Mary II", LIVE Skateboard Media a rencontré Flo Bavouzet, fondateur de la marque qui, dans le genre old timer du skate en France, ne se place pas mal, afin de comprendre le pourquoi du comment.

LIVE Skateboard Media : Bonjour Flo ! Peux-tu nous raconter qui tu es, d'où tu viens, ton parcours et comment tu en es arrivé à lancer Diligent ? 

Florent Bavouzet : Je m'appelle Florent Bavouzet, originaire de Châteauroux, je skate depuis l’âge de douze ans, j'en ai quarante-et-un aujourd’hui ; j'ai commencé par le street, ensuite j'ai été un skateur plus polyvalent car j'ai même fait de la big et pas mal de contests à une époque - c'était alors assez nécessaire pour sortir de notre petite ville.

J'ai vogué de ville en ville pour atterrir à Lyon en 2006, où j'ai principalement streeté, et en 2013 j'ai créé Diligent Skateboards sur un coup de tête avec l'aide d'un graphiste : Jean Lambert, qui m’a bien aidé pour l'identité graphique de départ, et ensuite des skateurs graphistes ont pris le relais.


Florent Bavouzet, f/s wallride early grab out. Ph.: Grozeye

Je gère tout ça spontanément, on ne fait pas de business plan, de campagne de marketing précise, on ne se soucie pas à s'interroger si tel ou tel graphique va être bankable... La seule chose : essayer de faire différemment des autres et d’être soi-même.

C'est une activité que je gère depuis cinq ans maintenant, mais en parallèle de mon travail principal car je suis, avant tout, salarié dans l’informatique.

LSM : Comment as-tu constitué le team ? Comment as-tu rencontré chacun de ses éléments, et qu'aurais-tu à dire sur chacun d'entre eux ?

Flo : Vraiment on peut le dire, le team a été constitué avec l'aide des réseaux sociaux pour chasser les têtes au départ de l'aventure et, depuis trois ans, plus au gré des rencontres et des relations mais par contre, toujours avec ce besoin d'aider des talents, des personnes sans prétention, amoureuses du skate comme jamais et bien souvent très peu connues, loin de la hype et de la jet skate.

"On aimerait être plus présents dans les shops, aussi"

Pour une présentation de chacun d’eux, je vais caricaturer :

Sammy Idri : jeune homme du Sud (Nîmes), c'est un tout-terrain du skateboard, imprévisible à te sortir des tricks auxquels personne n'aurait pensé, humble et d'une gentillesse à toute épreuve !

Ben Raitano : le jeune de Marseille, il chille, il est chaud, technique et se jette ; c'est un peu le Nekfeu, il skate des boards tellement usées, lui il s'en fout, mec, mais assure la school !


Ben Raitano, frontside 50-50. Ph.: Maxime Bordat

Arthur Fontis : dix-huit ans, il progresse tous les jours, il skate sans s’arrêter et bosse ses études comme un dieu !


Arthur Fontis, frontside kickflip. Ph.: Louis Ain

Mathieu Sabourin : le community manager, il est surmotivé, très pro dans son skate et il aime les apéros : lyonnais, le gars !


Mathieu Sabourin, frontside 180 ollie. Ph.: Johan Verstappen

Rémi Larnould : de Montpellier adopté Lyonnais, calme et docile, il peut se jeter sur du gros, il aime les bonnes slams qui claquent et l’apéro, aussi...


Rémi Larnould, boardslide. Ph.: Johan Verstappen

Florian Bac : le tombeur des dames, avec un style bien léché. Il a plus d'une bêtise dans son sac !


Florian Bac, bluntslide. Ph.: Matt Budjinski

Victor Naves : il skate bien, il aime bien les smartphones, les concerts, les gens - en fait, Victor aime tout le monde ! Et il gère sa page SkateDaShit, avec des clips et des questions...


Victor Naves, frontside 180 tribute à Boulala. Ph.: Johan Verstappen

Ensuite il y a aussi Adam, plus discret et Alex, aussi, sur Bordeaux, le chicanos !

Et puis Romain Gerlach, le monteur et cameraman ; je lui laisse la parole !

Romain Gerlach : Ma première rencontre avec le team a été avec Mathieu, on s'est rencontrés par l'intermédiaire de l'un de mes meilleurs amis.

On a filmé une petite part ensemble et il a commencé à skater pour Diligent, et je l'ai suivi ; et puis sans y penser, au bout de quelques mois, on a commencé à se dire qu'il y avait moyen de se lancer dans un projet de vidéo.

J'ai filmé principalement au début du projet ; un peu moins depuis un an, car j'ai eu pas mal de travail en pro et dans le skate, notamment pour le projet "Next Spot" avec Antiz (dont j'ai aussi fini le montage en fin d'année, tous les épisodes sont sur Thrasher). J'ai aussi eu un enfant, ce qui n'aide pas côté temps libre !

Je me suis donc surtout concentré sur le montage, la sélection de tricks et sur les idées à avoir pour compléter les parts avec les skateurs à la fin du projet. On a fini avec un projet beaucoup plus gros que ce que l'on envisageait à la base et on en est tous assez contents.

LSM : Quelle est l'histoire de cette vidéo ? Combien de temps son filming a-t-il pris et si elle devait avoir un message, quel serait-il ? 

Flo : Franchement il n’y a pas d'histoire, nous sommes juste là pour faire du skate, pas de la philosophie. Si on devait avoir une devise, ce serait : "toujours prêt" ! Skater, rigoler et passer du bon temps ensemble.
 

"Excel j'aime bien, mais bon..."

Faire une vidéo, c'est facile lorsque dans l’ADN de chacun des riders, tu as ce besoin de filmer, shooter, se surpasser.

Quelque chose qu'on peut dire par contre, c'est que le titre de notre vidéo (une totale improvisation) fait référence au van que je possède : un bon vieux Chevy V8 US de 1985, un paquebot de deux tonnes et demi : notre diligence !

Le filming a pris deux ans je pense, sincèrement, mais bon, on travaille tous ou on va en cours pour certains ; ça été difficile de se retrouver ensemble au quotidien, de même Romain est très occupé, il est cameraman de profession donc, tous les week-ends, il était sur des événements sportifs ou autre projet pro, sinon c’était moi qui prenais le relais pour ma pomme, les riders sous la main.

Un message : du skate, des copains, du plaisir, des missions "spots inconnus et délabrés", l’idée de skater tous les spots, jusqu'à une butte de terre ou un lopin d’herbe.

LSM : Des projets pour la suite ?

Flo : Pour le moment, pas véritablement car nous venons de faire notre deuxième vidéo en cinq ans donc dorénavant, je pense qu'on va davantage s'orienter vers les mini clips, et on aimerait être plus présents dans les shops, aussi.

Eventuellement, je recherche aussi une deuxième personne pour investir, pour passer un cran au-dessus, peut-être, enfin à voir car au final, être petit c'est toujours garder la liberté de faire ce qu'on veut, sans pression, et surtout de skater, de s'amuser.

Excel j'aime bien, mais bon...

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