PREMIERE / Videostill / Dom Diaz / INTERVIEW

Cette fois, le nom de Dom Diaz ne vous dira probablement rien, puisque l'individu lui-même est plutôt jeune et, aussi, opère depuis Guadalajara, au Mexique - un pays de plus dont la scène skate est sous-représentée, à l'échelle mondiale. Accro à la VX-1000 et à la pellicule en général, Dom a déjà sorti quelques montages web par le passé, sous l'alias Zimm Skateboarding et aujourd'hui, "VIDEOSTILL" est le titre de sa nouvelle vidéo complète, réalisée sur quatre ans. Le film complet est à l'honneur en Premiere, aujourd'hui, agrémenté de quelques mots de la part de son auteur, histoire de dûment fêter ça.

LIVE Skateboard Media : Yo Dom, comment ça va ? Veux-tu bien te présenter, d'où viens-tu, comment et quand as-tu commencé le skate ? A quoi ressemblait ta scène à l'époque, et comment en es-tu arrivé à la documenter (en présumant que tu n'as pas commencé par la documentation) ?

Dom Diaz : Je m'appelle Dominique, j'ai vingt-et-un ans et je viens de Guadalajara à Jalisco, au Mexique

En vrai, j'ai commencé à filmer et shooter autour de la scène BMX du coin quand j'avais quatorze, quinze ans et puis, quelque chose m'a captivé avec le skate et ça a complètement bouleversé ma perception des choses. J'ai regardé beaucoup de vidéos des années quatre-vingt-dix, j'ai commencé à fréquenter beaucoup de sessions skate locales et de fil en aiguille, j'ai fait l'acquisition d'une grosse Sony PD-150 - un peu comme une VX-2000, mais avec un micro plus fat.

Je n'avais encore jamais ressenti quelque chose comme ce que m'a fait ressentir le skate ; j'ai vraiment eu l'impression de me trouver, à ce moment-là.

"Le Mexique est trop coloré pour faire un montage 'sombre'"

LSM : Combien de temps as-tu passé à travailler sur ta full-length, "VIDEOSTILL" ? As-tu rencontré de quelconques difficultés lors du processus, et quelle a été l'impulsion initiale qui t'a motivé à te lancer dans un projet aussi ambitieux ? Pourrais-tu nous décrire la période de filming, ainsi que tes motivations ?

Dom : Et bien, au début, je n'avais pas vraiment d'idée arrêtée sur ce que je voulais faire ; j'ai commencé par sortir quelques montages web impliquant les locaux de Zapopan, une ville proche de Guadalajara au Mexique - et puis un jour, on a commencé à se retrouver avec pas mal de gens sur les sessions et l'idée de faire une vidéo plus longue a commencé à germer.

A cette époque, j'étais vraiment influencé par les vidéos "STATIC" de Josh Stewart, notamment la trois et quatre qui avaient cette atmosphère plus... sombre ? Ce qui est drôle, c'est que le Mexique est trop coloré pour faire un montage "sombre", du coup au final, ma vidéo a un aspect complètement différent et ce, après quatre ans de filming un peu partout.

"Je voulais que les choses ressemblent à comment elles se ressentent"

LSM : Les vidéastes de skate au Mexique, c'est commun ? Et parmi ceux-là, combien utilisent encore la Sony VX-1000 ? Quelles sont tes raisons à toi d'utiliser encore cette caméra ? Aussi, il y a beaucoup de Super 8 dans "VIDEOSTILL" et je sais que tu shootes aussi des photos à l'argentique, saurais-tu décrire ce qui t'attire dans le format pellicule ? Avoir accès à ce type de matériel au Mexique, c'est facile ?

Dom : J'ai toujours adoré l'impression de regarder une vidéo physique, une 411VM, une cassette VHS ou Hi-8, ou encore l'image d'une caméra Mini-DV... Evidemment, je suis tombé là-dedans au moment où tout le monde (en tout cas ici) lorgnait plutôt sur Battle At The Berrics et Street League alors que moi, j'étais toujours fasciné par les cassettes vidéo.

Trouver des cassettes Mini-DV au Mexique n'est pas très difficile mais évidemment, c'est un investissement constant. Quand je me suis mis au Super 8, ça a été délicat de trouver un laboratoire au Mexique pour s'occuper du développement, mais le public prête de plus en plus attention à ce format depuis quelques années, à nouveau - il redevient donc plus populaire, ça se démocratise.

LSM : Certains vidéastes essaient de véhiculer des messages via leurs travaux, était-ce ton cas avec "VIDEOSTILL" ? Cette vidéo semble représenter ton appréciation pour ta scène locale et ses talents, mais aussi pour le skate en tant qu'activité universelle puisqu'on peut y entrevoir une mini part Magenta. Donc puisqu'apparemment, ça n'est rien de géographique, y a-il un aspect particulier du skate que tu as désiré mettre en avant avec ta présentation ? Comment as-tu choisi les skateurs qui figurent dans "VIDEOSTILL" ?

Dom : Je ne crois pas que j'aie sciemment cherché à faire passer un message en particulier ; c'est juste un montage de skate de rue et je voulais que les choses ressemblent à comment elles se ressentent, sur la base du désir de skater pour skater et non dans le but d'obtenir quelque chose en échange. Pas de pression puisque le but du skate, c'est de se vider la tête.

"Quand je dis indépendant, j'entends vraiment un ou deux types qui bossent dessus tout seuls"

A propos de l'esthétique, je dirais que tout s'est joué quand j'ai maté mes premières vidéos de skate, notamment les Alien Workshop : tous ces formats différents, toutes ces couleurs, les visuels et évidemment le skate qui y figuraient m'ont inspiré à documenter et présenter le skate de façon similaire. Il y avait beaucoup trop de gens dont j'avais des clips ; j'ai fini par faire du gros tri dans ce que j'aimais dans les styles de chacun, ou dans les images en général et en bout de course, la seule personne qui a skaté pratiquement tous les jours avec moi s'est avéré être Gustavo Cortés, qui a filmé une section sur un an et demi.

LSM : La question toujours risquée : saurais-tu essayer de décrire la scène au Mexique en général, pour les curieux qui n'en auraient jamais entendu parler ? A quel point est-elle connectée ? Existe-t-il en ville une disparité avec la vibe centre commercial et tourisme surf à go go, largement visible sur les régions côtières ? A quoi ressemble l'industrie et y a-t-il un réseau sous-terrain de créatifs qui produisent, ou encore des vidéos locales que tu aimerais nous présenter ?

Dom : D'une manière générale, la scène mexicaine est plutôt développée, il y en a pour tous les goûts entre les vidéos "à la mode" avec des lignes techniques ou encore des réalisations clairement axées "hammer". Tout existe mais malheureusement, pour ceux qui ne se balarguent pas sur des paquets de marches ou sur des rails incroyablement longs pour leur trick de fin de part, il n y a pas beaucoup d'espace disponible. 

Il y a beaucoup d'activistes qui font leurs vidéos et zines en indépendant - quand je dis indépendant, j'entends vraiment un ou deux types qui bossent dessus tout seuls. Il y a quelques chaînes et réseaux populaires comme Drop In, Ollie Shit et Urbe Skate ; de bonnes vidéos comme “Ellos Dicen Usted Es Tonto” ou “Uso Publico” et, en ce moment, les gars de Milquinientos Veintiuno entretiennent le mythe du combo VX et Super 8, via de chouettes montages qui tombent régulièrement.

"Je remarque que de plus en plus de gens osent suivre leur propre vision, et ça m'encourage vraiment à continuer"

Honnêtement, il y a beaucoup de bon skate au Mexique et ce serait chouette que les gens d'ici réussissent à se faire remarquer à l'étranger, ne serait-ce que pour donner un gens un avant-goût d'ici.

LSM : OK Dom, il est temps d'en finir ! Des remerciements, un mot de la fin, peut-être ?

Dom : Je trouve que la scène skate en général change beaucoup en ce moment, ce qui - je l'espère - résultera en plein de chouettes productions de la part de tout le monde ; je remarque que de plus en plus de gens osent suivre leur propre vision, et ça m'encourage vraiment à continuer de faire les choses à ma façon aussi. Merci à Diego de TSM skateboards qui a été la première personne à soutenir mon projet, ainsi qu'à tous les gens que j'ai rencontré et avec qui j'ai skaté et filmé, André Musich, Gustavo Cortés, David García, Willy Figueroa, Martin Nuñez de Lúdica skateboards, et LIVE Skateboard Media pour cette opportunité !

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