Soleil Levant / cronica

“Quelques mots d’introduction à une vidéo attendue…”

Takahiro Morita and Leo Valls in Soleil Levant

On pourrait même dire “attendue au tournant” par certains, arbitres de ce que le skate devrait être. Mais cette chronique ne se lancera pas dans une démonstration –absurde– d’en quoi ils auraient tord, part par part. Car analyser une vidéo ainsi est déjà sans intérêt, et nie l’existence du fait que les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas…

Par contre, ce que l’on peut affirmer, sans l’ombre d’un doute, c’est que Soleil Levant est l’arrivée à maturité de la bande Magenta, dans ce qu’elle nous présente comme sa vision du skate. Graphiquement, on peut dire que c’était le cas depuis les origines de la marque, et le skate pratiqué ici est “le même” que précédemment, dans son approche créative de l’environnement rencontré et skaté quotidiennement par nous tous, loin de la recherche de la cascade ultime qui sera surpassée le lendemain, de toute façon… Par contre, dans sa présentation, Soleil Levant atteint un niveau d’équilibre entre toutes les influences qui ont amené ses skateurs là où ils en sont aujourd’hui dans leur pratique. Des vidéos “East Coast” –pour aller vite– des années 90 à la veine “japonaise moderne”, tout y est reconnaissable, mais combiné (cuisiné) à une sauce alliant le meilleur de chacun.
Et surtout, surtout, rien n’est le fruit du hasard, mais plutôt de rencontres individuelles ou collectives, qui ont chacune apporté leur influence. De la bande-son en grande partie écrite sur mesure par d’autres skateurs et amis, aux parts friends composées de vrais potes pas forcément tous incroyables sur une planche mais avec qui les sessions sont meilleures, tout est le fruit de ce qui au final restera des années que vous aurez passé sur une planche : les rencontres. Nous sommes donc bien loin de la compilation de “meilleurs” tricks des “meilleurs” gars du moment, mais dans la documentation de voyages et croisements qui, un par un, façonne Magenta en un peu plus qu’une marque, le meilleur exemple en étant peut-être la part de Jimmy Lannon et Zach Lyons, tirée de deux séjours, l’un en France, l’autre au Japon.
Je doute que Soleil Levant ne convainque tout le monde, mais je suis sûr que cette vidéo restera comme l’un des moments marquants d’une certaine époque, bien étrange, où tout est encore possible. Le pire, comme le meilleur. Vous n’êtes pas obligé de choisir un camp, mais vous pouvez au moins écouter le message général de Soleil Levant, qui en langage de rue se traduirait ainsi : “Do you !”

Benjamin Deberdt

(petit) Point faible: une application stricte de la Règle d’Olly Todd inciterait à souligner qu’il est impossible de skater sur Martin Luther King Jr, mais une application de ses principes de générosité poussera à la clémence.
(gros) Point positif: non pas une mais DEUX parts de Takahiro Morita, l’une à Paris, l’autre à Bordeaux!

Vous pouvez vous commander Soleil Levant ici. Le DVD sera disponible lundi.

Soleil Levant DVD

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