Summit of the Non-Aligned / En 5!

Le skate a récemment connu une recrudescence d'évènements indépendants, comme une forme de résistance naturelle à la culture de masse de la part de ses enthousiastes les plus dévoués. Alors que le programme 2019 pour la neuvième (!) édition du Vladimir Film Festival en Croatie vient de tomber, à Belgrade, The Summit of the Non-Aligned est sur le point de commencer (dès aujourd'hui, et jusqu'au 15 septembre). Comme on pourrait s'y attendre de la part de passionnés dont la communication tient davantage à l'expression directe qu'au marketing malin, leur happening de qualité serait probablement passé inaperçu d'un public plus large s'il n'avait pas été question de bouche-à-oreille de la part des artistes qui nous ont connectés à eux (en l'occurrence, Glen Fox et Nez Pez). Cinq minutes plus tard et un coup de fil était clairement de rigueur...
 
Checkez le site et le compte Instagram du Summit, et régalez-vous de l'interview ci-dessous, s'il vous plaît, avec l'activiste de BG : David Soda.
 

LIVE Skateboard Media : Salut David, peux-tu nous présenter le concept du Summit of the Non-Aligned ? De quoi s'agit-il exactement, et depuis combien de temps travaillez-vous là-dessus ? Tu m'as mentionné que le Vladimir Film Festival annuel à Pula en Croatie était une inspiration, saurais-tu nous raconter en général comment vous vous êtes organisés pour tout monter, et qui s'occupe de quoi ?

David Soda : La première idée qu'on a eu d'initier un truc du genre, c'était en 2017. On était inspiré par la scène skate en Macédoine : les types avaient organisés un vrai contest de street (qui s'apparentait à une session de spot en spot) et une chose importante qu'on avait remarqué, c'était que l'évènement réunissait toutes les marques et les shops, ce qui n'était jamais le cas en Serbie. Donc cette année-là, en octobre, on a organisé le premier Summit, dans l'idée de rassembler tous les skateurs dans la rue et de produire autant d'énergie positive que possible sur les spots de Belgrade. A part du contest, on a également organisé une première de la vidéo Rios x Belgrade Zoo "Dunja" et un pop-up store et expo pour [0.10] Error of Harmony.

Au fil du temps, on a commencé à se pencher encore davantage sur ce type d'évènements, on a voyagé, capté ce qui se dégageait des autres scènes de skate. Et puis finalement, cette année, on s'est dit qu'il était temps de combiner toutes ces connexions et toutes ces expériences pour organiser un vrai festival, sur quatre jours, de culture skate, puisque rien de la sorte n'existait en Serbie, encore une fois.

Oui, Vladimir a été une grosse inspiration, évidemment le Boldrider crew de Postojna, aussi, et bien d'autres individus qu'on a rencontré au fil de nos voyages à travers les Balkans et le tout, en auto-stop. Inspiré par le contenu de ces évènements, on a décidé on les agrémenterait également de deux ateliers, dont un basé autour des spots D.I.Y. puisqu'ici, on n'en a pas, et encore moins l'expérience pour en faire. Puisque les Boldrider nous ont inspiré, cette année, on leur a confié le rôle de nous - et vous - passer le flambeau, afin qu'on puisse tous ériger plus de courbes.

On a fait deux Summits avant celui-ci, et sur ces deux-là, on était deux ou trois à plancher. Mais là, on a poussé le truc, et on a augmenté le crew en conséquence. On est onze maintenant, ainsi que nos amis qui sont impliqués d'une façon ou d'une autre dans la scène alternative de Belgrade.

LSM : Comment avez-vous décidé du programme, pour cette première "grosse" édition ? Qui ont été les premiers intervenants potentiels que vous avez contacté, et comment ont-ils réagi ? Tu m'as dit que Glen Fox et Soy Panday se rendaient en personne à l'évènement ? A quoi va ressembler le rythme des journées ?

DS : On a commencé avec quelques idées initiales mais, au fur et à mesure des prises de contact avec les artistes et autres intéressés, les choses changent vite de forme. On a eu notre lot de messages "non lus", de réponses négatives et de situations bloquées faute de budget pour pouvoir inviter l'artiste à Belgrade. Mais finalement, le contact s'est opéré avec les bonnes personnes et grâce à leur soutien, on a finalement pris nos marques.

"On est le Provins crew, on n'est pas des locaux et donc, pas condamnés à adopter une attitude 'locals only'."

L'un des premiers individus qu'on a voulu impliquer dans le festival a été Sergej Vutuc. Malheureusement, il ne pourra pas se rendre sur place cette année, mais il nous a connecté avec Thomas Campbell pour qu'on puisse organiser une avant-première de "Ye Olde Destruction" ; il nous a branché sur d'autres plans et crews en provenance de partout dans le monde.

Entretemps, on a capté Soy Panday, d'abord dans l'idée d'exposer ses illustrations et de fil en aiguille - puisque c'est un chic type - on se retrouve à organiser l'avant-première mondiale de "L’Indian Express" - un nouveau montage Magenta réalisé par le visualtraveller Patrick Wallner, en Inde.

Le planning de l'évènement s'est constitué lentement mais sûrement et au final, on est très satisfaits de ce qu'il nous est donné de présenter cette année.

LSM : LIVE a déjà couvert un peu de la scène de Belgrade par le passé, notamment via les collaborations des Rios avec Belgrade Zoo ; peux-tu nous décrire à quoi être un local de Belgrade ressemble, et l'activité de la scène ? Des photographes, filmeurs ou publications skate à nous faire connaître, peut-être ?

DS : Nous, on est le Provins crew (de la province en Serbie), on n'est pas des locaux et donc, pas condamnés à adopter une attitude "locals only". La scène se porte bien. Il n y a pas beaucoup de skateurs, mais beaucoup de gars défoncent, anciens et jeunes. Il y a quelques crews locaux : Funkys, Belgrade Zoo, Šakali et le nôtre.

Aussi, beaucoup d'individus sont actifs dans la scène tels que Paja Kobazz, Rajko Radosavljević, Damjan Dobrila, Aleksa Vitorović et Miloš Ačanski. Paja était déjà sur la scène avant que nous prenions conscience des choses de la vie, et Rajko aussi - Rajko était derrière la première full-length Belgrade Zoo : "BG streets" et gère aussi une chaîne YouTube avec plein d'images de park et de street de notre scène.

On montre également une nouvelle vidéo de notre cru au festival : "Calentar" ("échauffement" en Espagnol). L'hiver dernier, on s'est bougé les fesses et on a décalé à Barcelone en auto-stop, pour longer le Sud de l'Espagne jusqu'à Lisbonne, à dormir dans les buissons, sur les parkings, dans les parcs et dans les pools de skate. Reska et David ont filmé, et Radovan et Danilo étaient présents aussi, affammés de spots qu'ils étaient. On aura skaté Barcelone, Valence, Grenade, Huelva et Lisbonne. David a shooté plein de photos argentique au Minolta tout le long du trip, et on les expose au Summit, aussi.

LSM : Donc après le Summit, il paraît que vous foncez tous au Vladimir, à peine dix jours plus tard ? Quel mois de skate intense…

DS : Bien sûr ; dès qu'on en a fini de déblayer les restes du Summit et avec les formalités de rigueur, on reprend la route, direct ! Puisque Glen vient au Summit pour son expo, il va rester dans le coin jusqu'au Vladimir. On va partir en road trip à travers la Croatie, la Bosnie, et arriver un peu en avance à Fažana histoire de pouvoir filmer un peu sur place aussi, avant Vladimir. Ensuite, on sera en roue libre ; j'espère qu'on continuera notre route et qu'on commencera à travailler sur une nouvelle vidéo.

LSM : Un ultime message à transmettre ? Des remerciements ?

DS : Alors, ça... C'est bien plus facile de transmettre un message par l'action, plutôt que par les mots. Notre action, c'est le Summit of the Non-Aligned. On remercie la fédération de Speed Roller.

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