Culture

Summit of the Non-Aligned / En 5!

Le skate a récemment connu une recrudescence d'évènements indépendants, comme une forme de résistance naturelle à la culture de masse de la part de ses enthousiastes les plus dévoués. Alors que le programme 2019 pour la neuvième (!) édition du Vladimir Film Festival en Croatie vient de tomber, à Belgrade, The Summit of the Non-Aligned est sur le point de commencer (dès aujourd'hui, et jusqu'au 15 septembre). Comme on pourrait s'y attendre de la part de passionnés dont la communication tient davantage à l'expression directe qu'au marketing malin, leur happening de qualité serait probablement passé inaperçu d'un public plus large s'il n'avait pas été question de bouche-à-oreille de la part des artistes qui nous ont connectés à eux (en l'occurrence, Glen Fox et Nez Pez). Cinq minutes plus tard et un coup de fil était clairement de rigueur...
 
Checkez le site et le compte Instagram du Summit, et régalez-vous de l'interview ci-dessous, s'il vous plaît, avec l'activiste de BG : David Soda.
 

 

RIOS x BELGRADE ZOO

Les deux crews les plus croûteuses de l'Est sont de retour ! Après "Dunja", l'an passé, et l'interview qui allait avec, nos chouchous de Budapest : le Rios crew, est reparti en Serbie pour davantage de péripéties urbaines en compagnie de la faune skateboardistique locale : le Belgrade Zoo. Des rumeurs se propagent quant au jumelage des deux régions, pour bientôt.

Toujours à Belgrade, gardez un oeil sur un chouette évènement local, imminent : le Summit of the Non-Aligned, du 12 au 15 septembre, festival skate à la programmation plus qu'intéressante, à découvrir sur leur compte Instagram - en attendant plus d'informations.

Dans le même ordre d'idée, le programme de la neuvième édition du Vladimir Film Festival vient également d'être annoncé, et c'est à découvrir ici avant de booker vos billets, direct !

"Polygone" / Florent Theron / GALERIE

La conscience de l'espace urbain a décidemment un vent tout particulier en poupe en ce moment : entre autres, LIVE vous avait déjà exposé le projet "PLAY" à Bordeaux et, récemment, Ocean Howell s'est même réconcilié avec son premier amour le temps de conférences au Pushing Boarders à Malmö (ainsi que d'un trois-six flip).

Si le fruit de telles réflexions tend à mûrir simultanément de part et d'autre du globe, c'est qu'il se nourrit en sous-terrain depuis déjà un certain temps, produit de la frustration continue des skateurs face à l'inadéquation de la société en place compte tenu de la réalité de leur pratique.

A Nice, cela fait déjà un an que Florent Theron planche sur "Polygone", un projet personnel qui s'est finalement matérialisé sous la forme d'un fanzine, à défaut de dimension supplémentaire. Étonnamment, bien que les deux projets soient complètement déconnectés, l'interprétation de l'élément skatable est - sensiblement - la même que celle de Léo et Nicolas pour "PLAY" : sa simplification jusqu'au point de forme géométrique basique (en l'occurrence, trois triangles), et des couleurs primaires en inspirant une analyse Mondrianesque.

Le tout a été mis en scène pour l'objectif de Fred Schwal, et en page par Florent lui-même, fort de son expérience avec Le Huit, qui nous raconte.

PREMIERE / "Abyssal" / José Francisco / INTERVIEW

Comme a pu en témoigner la page d'accueil de LIVE jusqu'ici cet été, question productions en tout genre, la scène brésilienne semble être en phase d'exploser - en tout cas, c'est ce qu'en déduiront ceux d'entre vous qui ne réalisent toujours pas qu'il ne s'agit-là que du sommet d'un bien exotique iceberg... On abordait récemment le sujet dans un interview avec le jeune de Rio De Janeiro, Sergio Santoro : la vérité, mon ami, c'est que l'énergie émanant de ce pays est intemporelle, en plus d'être forte d'autant de personnifications que ledit pays a jamais connu de scènes à travers les décennies. On devrait pourtant se douter qu'au même titre que pratiquement n'importe quel recoin à peu près skatable du monde, le Brésil n'a pas été sans engendrer des générations entières de légendes et de contes cultivés localement mais qui, en l'espèce, persistent à se heurter à une barrière de la langue intransigeante dès qu'il s'agit d'exporter un peu de soleil. Et de ce fait, faute d'information plus accessible ou d'orientation précise, nombreux sont ceux qui résument encore le "skate brésilien" à des constructions internationales telles que #slidesandgrinds, si ce n'est la dernière vidéo de vacances en date des dernières rock stars en date de la dernière planche à roulettes en date, restant ainsi relativement imperméables à la vraie culture des insiders, sur place.
 
L'incompréhension en rappelle une autre, qui divise régulièrement certains des skateurs les plus émotionnellement investis dans la pratique, d'une manière plus générale : la planche à roulettes étant finalement tombée jusque dans les serres du grand public en l'espace de deux décennies, qui peut malgré tout affirmer que pour autant, elle n'appartient plus à ceux qui, au quotidien, en font vraiment ? L'écran de fumée éventé, quid d'une validation universelle, finalement ? Pourquoi se perdre dans l'illusion d'une course quand l'existence même de communautés isolées mais fortes, indépendantes et convaincantes suffit à rajouter une dimension à l'équation qui ridiculise n'importe quelle considération de compétition sérieuse au sein du skate à tout jamais ?
 
Ceci dit, validation et considération sont deux concepts bien distincts. Si le premier est une licorne, le second consiste à payer hommage à qui de droit : aux activistes locaux, génies fous qui vivent pour produire, ouvrir autant de frontières que de perspectives, et construire autant de ponts au-dessus de trop de tranchées. Aujourd'hui, avec la présentation d'"ABYSSAL", lesdites tranchées sont plus rough que jamais - si vous n'avez pas suivi l'avalanche de cartes postales brésiliennes que LIVE vous a fait tourner ces derniers mois, en tout cas... C'est un film par José Francisco, qui habite à Anápolis et participe à un collectif multimédia éponyme ; ça se regarde au-dessus mais avant de remonter, considérez descendre un peu plus bas sur la page pour un interview en règle et en cinq, avec un réalisateur des plus sincères !

Histoire, gaufres et lettres d'amour

"Loveletters to Skateboarding", c'est le podcast de Jeff Grosso et ses srabs ; les vidéos sont réalisées par nos amis de Six Stair (notamment connus pour leur travail sur la vidéo Antihero "The Body Corporate", mais pas que), et Vans habille tout le monde. Actuellement, les derniers épisodes en date sont axés autour de régions spécifiques, et c'est la France qui est à l'honneur du tout nouveau ! Le travail de recherche est conséquent et, si le crew déclare humblement ne pas avoir cherché à documenter l'histoire du skate hexagonal en général, concrètement, ça y ressemble pas mal, au vu des intervenants, images vintage (qui bougent ou non) et autres anecdotes qui y sont représentées, de Paris à Marseille en passant par Lyon avant de remonter et le tout, en bagnole. Balaise !

Evisen x Daidō Moriyama

"Daidō Moriyama (森山大道) est un photographe japonais, né le 10 octobre 1938 à Ikeda, près d'Osaka. Ses photographies témoignent de l’évolution des mœurs dans le Japon de la deuxième moitié du vingtième siècle", nous rappelle Wikipédia.

Et pour ce qui est de documenter la première moitié du vingt-et-unième siècle, comme d'habitude au pays du Soleil Levant, ce sont notamment les ingénus d'Evisen qui se portent volontaires pour témoigner de l'évolution des mœurs skateboardistiques locales.

La boucle est bouclée avec ce montage destiné à promouvoir leur nouvelle série de boards en collaboration avec l'artiste de renom, une collection à retrouver ici tandis que les stocks s'épuisent déjà. Avec comme toujours une soundtrack faite maison et, devant l'objectif, les multiples et variés talents de Maru, Shinpei Ueno, Katsumi Minami, Koichiro Uehara, Laurence Keefe, Shor West, Seimi Miyahara et Kento Yoshioka.

Intêrstate magazine / Rafael Gonzalez / En 5!

Lancé en 2017, Intêrstate est un magazine de skateboard de type qualitatif, axé belles images et pellicule dont la ligne de mire est claire : "skateboarding culture and visual arts". Le troisième numéro vient de sortir, et l'un des co-créateurs de la publication nous en dit plus.

Bigger Spin / EP 016 - Jérémie Daclin

Jérémie Daclin, si vous suivez de près ou de loin la scène skateboardistique tout court - française comme internationale - vous devriez être familier avec ce nom et, tout aussi vraisemblablement, avec le personnage qui en est le titulaire notoire. C'est notamment le papa de Cliché Skateboards puis de Film Trucks, il a contribué à placer l'Europe sur le radar des Américains, et a eu le flair de sponsoriser au moment clef d'indéniables talents tels que Lucas Puig, Jan Kliewer ou Pontus Alv, entre autres trips inédits et moult efforts tendant à crédibiliser le statut professionnel du skateur sponsorisé français.

Jérémie est le dernier invité en date du podcast du skate français Big Spin animé par Sébastien Charlot et Arnaud Dedieu ; une occasion pour laquelle il raconte son parcours en tant que skateur, puis en tant qu’entrepreneur. C’est d’abord le skateshop All Access, puis Cliché en 1997, et Film en 2018. À travers ces expériences, G.G. revient sur les voyages, les rencontres, la vidéo et l’image en général ; collaborer avec les photographes, gérer un team, skater avec Mark Gonzales, affronter des échecs, et se faire plaisir en skate après quarante ans.

C'est disponible à l'écoute ci-dessus et une nouvelle fois, en tant que complément, le Bigger Spin de LIVE vient se poser, là !

Switch Big Spin / Skatedads

"Skatedads", LIVE vous en a déjà touché un mot au moment du Bigger Spin de Stéphane Larance, ou encore sur Instagram à l'occasion des expositions éponymes de Benjamin Deberdt, en collaboration avec la marque parisienne Leroy République. Le concept s'attarde en profondeur sur le parcours de skateurs français de longue date devenus papas, et leur rapport hors du commun avec leurs enfants devenus skateurs, ou skateuses, puisque la pérennité de la culture le permet désormais - à une échelle grandissante.

Ce nouvel épisode du podcast du skate français Big Spin, par Sébastien Charlot et Arnaud Dedieu, est dédié à cet axe de recherche ; l'occasion d'interviewer Franck Barattiero, Toni Brossard, Ben Aurélien, Sébastien Daurel, Jean-Marc Druesne et leur progéniture respective, au sujet d'une passion commune et des bénéfices de sa transmission intergénérationnelle !

Et comme d'habitude, le Bigger Spin vient se poser en complément, à nouveau en Switch !

Switch Big Spin / Stefan Janoski

Stefan Janoski, skateur professionnel américain, a défrayé la chronique dans les années deux mille, à coups de switch flip au-dessus de toutes les marches qui croisaient son chemin. En deux mille neuf, il choisit un design simple et épuré pour son modèle qui sort chez Nike SB. En quelques années, la paire devient l’une des plus vendues de l’histoire du skateboard.
 
Nous nous sommes posés la question : "comment une chaussure de skate devient-elle iconique ?", et c’est en allant interviewer des skateurs pros, des designers, un théoricien de la mode et Stefan lui-même que l'équipée de Big Spin Podcast a trouvé la réponse. Une autre belle histoire du skate, faisant l'objet du dernier épisode Switch Big Spin en date, dont nous revenons sur les détails avec le Bigger Spin correspondant, ici-même !

Daew-ON Video

"DAEWON", c'est le documentaire sur le skateur éponyme (mais avec pour nom de famille Song), fin technicien aux origines coréennnes ayant plus ou moins posé les bases du skate technique moderne, à bases de lignes de tricks compliqués et flip-in, flip-out en tout genre, le tout entre deux parkings glauques et autres cours d'école à L.A. C'est Joe Pease qui s'est appliqué à la réalisation, pour TransWorld et Adidas. Daewon en profite pour placer sa nouvelle marque Thank You Skateboards avec Torey Pudwill, sans même la promouvoir directement puisque la narration s'attarde principalement sur son parcours, de l'époque des Beryl Banks et de sa part dans la "Love Child" pour World Industries (chapeauté par le parrain de sa propre ère : Steve Rocco, qui commente, d'ailleurs) jusqu'à son statut actuel de roi de l'Instagram skate"Trilogy" et sa musique regrettable (et regrettée), sa lutte symbolique et symbiotique avec Rodney Mullen, l'épopée Deca ; la vidéo DVS, "Skate More", mais aussi "Cheese And Crackers". Certains tournants de son histoire - telle que l'avorton Artafact, ou encore l'abondance de marcels - ne sont pas évoqués et la réalisation est parfois très, voire trop romancée mais globalement, le portrait est une bonne présentation d'un grand pionnier du skate, à l'instar de ce qu'aurait pu être un épisode de ON Video lui étant consacré, par exemple (celui consacré à Mullen, en bonus, ici !).

Elijah Berle / INTERVIEW

La Elijah Berle Pro Shoe, c'est un nouveau modèle que l'on peut retrouver chez Vans et qui revient au skateur éponyme. Pour ceux qui auraient besoin d'un cours de rattrapage : Elijah a récemment été transféré de Chocolate Skateboards à Fucking Awesome, la boîte de boards des entrepreneurs Jason Dill et Anthony Van Engelen, en plus de faire quelques apparitions remarquées - car remarquables - dans la dernière vidéo Supreme (qui quoique l'on puisse en penser, marquent objectivement leurs époques respectives). Une activité effervescente, sur laquelle Elijah lui-même a trouvé le temps de revenir pour nous, pour vous, ci-dessous !

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