Culture

Shinpei Ueno x Daidō Moriyama

Une nouvelle pépite audiovisuelle du génie japonais Shinpei Ueno, accessoirement boss de Tightbooth (les responsables, entre autres, des vidéos "Lenz" ; la troisième est en route, et on conseillera aux initiés la recherchée "Dialogue Between Insiders") et rattaché à Evisen. Pour ceux qui ne suivent pas, Evisen, c'est la marque de Katsumi Minami, coupable de l'excellente vidéo indépendante "Night Prowler" il y a déjà bientôt une décennie, à voir ne serait-ce que pour les sections de Deshi et de Rich Adler...

Visiblement, tout roule pour Shinpei qui, pour l'occasion, collabore avec son compatriote photographe de renom Daidō MoriyamaOn était au courant de la série de planches chez Evisen, mais pas de toute l'installation qui va avec ! Ca s'est passé à Qucon Tokyo, le nouvel espace skate, shop et galerie de Shinpei, visiblement, et il a été question d'expérimentation à base de tirages sur courbe et de projections de négatifs teintée de skate brillant par les icônes locales du style moderne. Et puis, le point de vue de Moriyama sur la planche à roulettes vaut son pesant d'or, aussi !

Jonathan Rentschler / En 5!

Jon Rentschler aka. Euro Jon a récemment sorti "LOVE", un livre photo dont l'intention est d'immortaliser autant que faire se peut, mais avec brio les derniers mois précédant la rénovation de LOVE park - la plaza icônique de Philadelphie, frequentée à travers les décennies par des Ricky Oyola, Matt Reason, Stevie Williams ou autres Josh Kalis, pour les plus fameux - ayant rendu le spot inskatable. Accessoirement, ça veut dire que le projet de Jon coincide dans le temps avant celui de Brian Panebianco qui a conconcté, lui aussi, sa propre capsule temporelle de la destruction de la place, mais format vidéo, avec "Sabotage 5". Mais sans dériver davantage, laissons la parole à Jon, qui en profite pour vous convier à son imminente expo photo à Tokyo au Japon, dont le vernissage est prévu pour ce 18 octobre, les portes ouvrent à 19 heures pétantes !

Léo à Bord'O, DC et d'ailleurs

Lorsqu'il n'est pas sur son skate, sur un projet de skate aux quatre coins du monde ou encore à casser du point sur Instagram, Léo Valls (on se souvient de Minuit il y a déjà dix ans, des vidéos Magenta depuis, et du Bigger Spin en retard de deux mois sur le Big Spin, ce sera donc un Late Bigger Spin) s'implique - et ce, depuis plusieurs années, avec l'association Board'O - dans la vie politique de la capitale girondine, afin de concilier les attentes de tranquillité des riverains avec la liberté des skateurs à utiliser la ville. Léo était récemment invité au Pushing Boarders de Malmö afin d'expliquer à quel point cette démarche de "skaturbanisme" était aussi progressiste que nécessaire à enclencher, dans la lignée d'autres villes à la direction exemplaire, en tant qu'actualisation des consciences aux réalités urbaines modernes.

Léo skate aussi pour DC Shoes, et la marque a octroyé un vrai petit documentaire à son travail, et ça se regarde ci-dessus (avec sous-titres en Français, si nécessaire).

"Situación de Calle" / Gerardo Sosa / INTERVIEW

C'est rare de voir une full-length de skate émerger d'Argentine, et pratiquement inédit qu'elle s'exporte dans le monde avec une audacité qui n'est pourtant que due. Si les spots du coin sont autant de proies au tourisme skateboardistique depuis un bon bail et que quelques noms fameux ont traversé la frontière - dans un sens ou dans l'autre, les productions locales semblent souligner un vide, de par l'absence de leur représentation dans les médias skate à portée internationale. Ce qui amène, logiquement, à se poser la question : que se passe-t-il, là-bas ?

La sortie de la nouvelle vidéo de Gerardo Sosa : "Situación de Calle", en tout cas, constituait l'opportunité parfaite pour attraper un activiste familier avec cette scène au tournant, et il s'est trouvé réceptif à l'idée de s'exprimer à son sujet, pour nous, pour vous, en cinq !

VLADIMIR FILM FESTIVAL 2019 / REPORT

Vladimir - le clair obscur.

Un mouton noir qui a connu une croissance exponentielle au fil de ses neuf années d'existence, n'ayant d'égal que celle de l'attention que l'évènement a reçu avec, cette année, environ trois cent visiteurs en provenance de toute la planète, ayant en commun le but d'assister à ce festival à Fažana, en Croatie - un petit village portuaire de l'Istrie lourd d'une histoire chargée, dont la sensibilité à fleur de peau des habitants et les monuments physiques, omniprésents au point d'assurer à l'endroit une importante fréquentation touristique, n'en sont que d'incessants témoins.

Ce qui n'était à l'origine qu'une initiative toute locale consistant en une série de projections vidéo au skatepark local a rapidement dépassé ce stade embryonnaire au fur et à mesure que ses instigateurs, Nikola Racan (réputé en sous-sol pour sa full-length video 'Solsticij') et les locaux du Skateboard klub August Šenoa ont commencé à utiliser les modes de communication modernes pour se tisser un véritable réseau de collaborateurs internationaux comprenant toujours davantage de photographes, vidéastes et artistes reconnus.

Summit of the Non-Aligned / En 5!

Le skate a récemment connu une recrudescence d'évènements indépendants, comme une forme de résistance naturelle à la culture de masse de la part de ses enthousiastes les plus dévoués. Alors que le programme 2019 pour la neuvième (!) édition du Vladimir Film Festival en Croatie vient de tomber, à Belgrade, The Summit of the Non-Aligned est sur le point de commencer (dès aujourd'hui, et jusqu'au 15 septembre). Comme on pourrait s'y attendre de la part de passionnés dont la communication tient davantage à l'expression directe qu'au marketing malin, leur happening de qualité serait probablement passé inaperçu d'un public plus large s'il n'avait pas été question de bouche-à-oreille de la part des artistes qui nous ont connectés à eux (en l'occurrence, Glen Fox et Nez Pez). Cinq minutes plus tard et un coup de fil était clairement de rigueur...
 
Checkez le site et le compte Instagram du Summit, et régalez-vous de l'interview ci-dessous, s'il vous plaît, avec l'activiste de BG : David Soda.
 

 

RIOS x BELGRADE ZOO

Les deux crews les plus croûteuses de l'Est sont de retour ! Après "Dunja", l'an passé, et l'interview qui allait avec, nos chouchous de Budapest : le Rios crew, est reparti en Serbie pour davantage de péripéties urbaines en compagnie de la faune skateboardistique locale : le Belgrade Zoo. Des rumeurs se propagent quant au jumelage des deux régions, pour bientôt.

Toujours à Belgrade, gardez un oeil sur un chouette évènement local, imminent : le Summit of the Non-Aligned, du 12 au 15 septembre, festival skate à la programmation plus qu'intéressante, à découvrir sur leur compte Instagram - en attendant plus d'informations.

Dans le même ordre d'idée, le programme de la neuvième édition du Vladimir Film Festival vient également d'être annoncé, et c'est à découvrir ici avant de booker vos billets, direct !

"Polygone" / Florent Theron / GALERIE

La conscience de l'espace urbain a décidemment un vent tout particulier en poupe en ce moment : entre autres, LIVE vous avait déjà exposé le projet "PLAY" à Bordeaux et, récemment, Ocean Howell s'est même réconcilié avec son premier amour le temps de conférences au Pushing Boarders à Malmö (ainsi que d'un trois-six flip).

Si le fruit de telles réflexions tend à mûrir simultanément de part et d'autre du globe, c'est qu'il se nourrit en sous-terrain depuis déjà un certain temps, produit de la frustration continue des skateurs face à l'inadéquation de la société en place compte tenu de la réalité de leur pratique.

A Nice, cela fait déjà un an que Florent Theron planche sur "Polygone", un projet personnel qui s'est finalement matérialisé sous la forme d'un fanzine, à défaut de dimension supplémentaire. Étonnamment, bien que les deux projets soient complètement déconnectés, l'interprétation de l'élément skatable est - sensiblement - la même que celle de Léo et Nicolas pour "PLAY" : sa simplification jusqu'au point de forme géométrique basique (en l'occurrence, trois triangles), et des couleurs primaires en inspirant une analyse Mondrianesque.

Le tout a été mis en scène pour l'objectif de Fred Schwal, et en page par Florent lui-même, fort de son expérience avec Le Huit, qui nous raconte.

PREMIERE / "Abyssal" / José Francisco / INTERVIEW

Comme a pu en témoigner la page d'accueil de LIVE jusqu'ici cet été, question productions en tout genre, la scène brésilienne semble être en phase d'exploser - en tout cas, c'est ce qu'en déduiront ceux d'entre vous qui ne réalisent toujours pas qu'il ne s'agit-là que du sommet d'un bien exotique iceberg... On abordait récemment le sujet dans un interview avec le jeune de Rio De Janeiro, Sergio Santoro : la vérité, mon ami, c'est que l'énergie émanant de ce pays est intemporelle, en plus d'être forte d'autant de personnifications que ledit pays a jamais connu de scènes à travers les décennies. On devrait pourtant se douter qu'au même titre que pratiquement n'importe quel recoin à peu près skatable du monde, le Brésil n'a pas été sans engendrer des générations entières de légendes et de contes cultivés localement mais qui, en l'espèce, persistent à se heurter à une barrière de la langue intransigeante dès qu'il s'agit d'exporter un peu de soleil. Et de ce fait, faute d'information plus accessible ou d'orientation précise, nombreux sont ceux qui résument encore le "skate brésilien" à des constructions internationales telles que #slidesandgrinds, si ce n'est la dernière vidéo de vacances en date des dernières rock stars en date de la dernière planche à roulettes en date, restant ainsi relativement imperméables à la vraie culture des insiders, sur place.
 
L'incompréhension en rappelle une autre, qui divise régulièrement certains des skateurs les plus émotionnellement investis dans la pratique, d'une manière plus générale : la planche à roulettes étant finalement tombée jusque dans les serres du grand public en l'espace de deux décennies, qui peut malgré tout affirmer que pour autant, elle n'appartient plus à ceux qui, au quotidien, en font vraiment ? L'écran de fumée éventé, quid d'une validation universelle, finalement ? Pourquoi se perdre dans l'illusion d'une course quand l'existence même de communautés isolées mais fortes, indépendantes et convaincantes suffit à rajouter une dimension à l'équation qui ridiculise n'importe quelle considération de compétition sérieuse au sein du skate à tout jamais ?
 
Ceci dit, validation et considération sont deux concepts bien distincts. Si le premier est une licorne, le second consiste à payer hommage à qui de droit : aux activistes locaux, génies fous qui vivent pour produire, ouvrir autant de frontières que de perspectives, et construire autant de ponts au-dessus de trop de tranchées. Aujourd'hui, avec la présentation d'"ABYSSAL", lesdites tranchées sont plus rough que jamais - si vous n'avez pas suivi l'avalanche de cartes postales brésiliennes que LIVE vous a fait tourner ces derniers mois, en tout cas... C'est un film par José Francisco, qui habite à Anápolis et participe à un collectif multimédia éponyme ; ça se regarde au-dessus mais avant de remonter, considérez descendre un peu plus bas sur la page pour un interview en règle et en cinq, avec un réalisateur des plus sincères !

Histoire, gaufres et lettres d'amour

"Loveletters to Skateboarding", c'est le podcast de Jeff Grosso et ses srabs ; les vidéos sont réalisées par nos amis de Six Stair (notamment connus pour leur travail sur la vidéo Antihero "The Body Corporate", mais pas que), et Vans habille tout le monde. Actuellement, les derniers épisodes en date sont axés autour de régions spécifiques, et c'est la France qui est à l'honneur du tout nouveau ! Le travail de recherche est conséquent et, si le crew déclare humblement ne pas avoir cherché à documenter l'histoire du skate hexagonal en général, concrètement, ça y ressemble pas mal, au vu des intervenants, images vintage (qui bougent ou non) et autres anecdotes qui y sont représentées, de Paris à Marseille en passant par Lyon avant de remonter et le tout, en bagnole. Balaise !

Evisen x Daidō Moriyama

"Daidō Moriyama (森山大道) est un photographe japonais, né le 10 octobre 1938 à Ikeda, près d'Osaka. Ses photographies témoignent de l’évolution des mœurs dans le Japon de la deuxième moitié du vingtième siècle", nous rappelle Wikipédia.

Et pour ce qui est de documenter la première moitié du vingt-et-unième siècle, comme d'habitude au pays du Soleil Levant, ce sont notamment les ingénus d'Evisen qui se portent volontaires pour témoigner de l'évolution des mœurs skateboardistiques locales.

La boucle est bouclée avec ce montage destiné à promouvoir leur nouvelle série de boards en collaboration avec l'artiste de renom, une collection à retrouver ici tandis que les stocks s'épuisent déjà. Avec comme toujours une soundtrack faite maison et, devant l'objectif, les multiples et variés talents de Maru, Shinpei Ueno, Katsumi Minami, Koichiro Uehara, Laurence Keefe, Shor West, Seimi Miyahara et Kento Yoshioka.

Intêrstate magazine / Rafael Gonzalez / En 5!

Lancé en 2017, Intêrstate est un magazine de skateboard de type qualitatif, axé belles images et pellicule dont la ligne de mire est claire : "skateboarding culture and visual arts". Le troisième numéro vient de sortir, et l'un des co-créateurs de la publication nous en dit plus.

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