"DOBRAAAJJ" / PREMIERE / Želve crew / INTERVIEW

Les gros titres du jour de LIVE doivent suffisamment au skateur, photographe et artiste de Ljubljana en Slovénie Tomaž Šantl (qui fait aussi Original Copy) pour qu'on le reconnaisse jusque dans cette préface ; en effet, c'est lui qui a suggéré à Luka Demšar et à Mark Pogačar Nikolić, du collectif local Želve crew et sa marque soeur LYC, de nous contacter au sujet de leur nouvelle production vidéo : "DOBRAAAJJ", qui consiste en pas moins de seize minutes de péripéties urbaines capturées dans la capitale, honnêtes témoins de l'énergie actuelle d'une scène pourtant effervescente de longue date mais que le grand public du skateboard persiste à ignorer - pour le meilleur et pour le pire. En tout cas, l'occasion était parfaite pour prendre des nouvelles du front de Ljubljana, représenté par du sang neuf qui tend pourtant à coaguler autour de la Sony VX-1000 - et c'est ce qu'on a fait, donc. Le résultat de cet échange, ci-dessous !

Locksley

"LOCKSLEY", c'est le titre de la nouvelle production de la marque brésilienne Perfume, de Fabiano Rodrigues, en collaboration avec Adidas. On y retrouve Fabiano en personne au montage, d'ailleurs et, derrière la caméra, deux chouchous : Alexandre 'Cotinz' ('not a filmer anymore!') Neaime (qui signe donc ici un certain retour à la réalisation, depuis "DOPPELGÄNGER") et Hernando "Ñaño" Ramirez, de ASCO Skateboarding. Côté skate, Fabiano sait s'entourer, là aussi, entre Akira ShiromaPedro ProsdossimiKali Oliveira et João Freitas. Treize minutes de H.D. tout terrain, comme il se doit, à base d'interprétation libre de quoique ce soit ressemblant de près ou de loin à un spot, avec notamment quelques sauts périlleux de banc et en banc et le tout, au service d'un patchwork audiovisuel expérimental.

Hugo délire

Si le jeu télévisé interactif éponyme vous entraînait plutôt à marteller les touches des téléphones d'alors comme un vrai jeune d'aujourd'hui, le sieur Maillard, lui, a plutôt aiguisé ses doigts au piano, récemment. Et tandis que votre grand-frère-ou-assimilé larmoie toujours (peut-être davantage que vous) au doux souvenir de la dernière part de "CROSSWALK" (la vidéo entre Rennais, sortie en l'an deux-mille dix, signée Pacôme Gabrillagues), le titulaire de cette dernière vient même d'enregistrer son premier E.P. : "NI LE MATIN, NI L'APRES-MIDI", trente-et-une minutes gravées sur vinyle que vous pouvez dès aujourd'hui vous procurer via les ducs de Magenta, qui ont même écrit un article complètement consacré à ce sujet, ici.

Et comme on ne se refait pas, Hugo a également dérouillé son jeu de jambes pour l'occasion d'un clip vidéo accompagnant cette sortie, réalisée par Louis Deschamps de Tonic, pour Magenta, donc. En fin de compte, il ne fait aucun doute que le groove est le même - en l'occurrence, beat et upbeat !

Midpoint

Déjà fort d'un C.V. parsemé d'excellents montages de skate à la Sony VX-1000 tels que "SHMARA", "LOST" ou encore "BOOF", tous à voir et à revoir, l'Anglais James 'D.J.' Davidson rempile en force avec "MIDPOINT", nouvel opus de sa saga personnelle. Cette fois, c'est la ville de Crawley, dans le Sussex de l'Ouest (au Royaume-Uni, donc), qui fait à la fois office de scène et de canevas : lieu de naissance de Robert Smith (et de formation de The Cure), l'endroit a longtemps prospéré, à l'issue de la Seconde Guerre Mondiale, pour finalement sombrer dans une sorte d'impasse culturelle que ledit Robert et D.J. déplorent à l'unisson. C'était sans compter la motiv' générale, cependant, qui a conduit le filmeur et ses potes sur place à maintes reprises lors du confinement - et "MIDPOINT" prouve en sept minutes qu'ils ont finalement réussi à y insuffler de la vie, et à y lire moult spots !

Classico

Corentin Ohlmann de Practice Session fait du skate (vous avez notamment pu assister à certains de ses flagrants délits documentés via la vidéo "BROTHERHOOD" de Max Guyot), dessine John Muscu (entre autres), et cache bien ses talents derrière une Sony VX-1000 ; enfin, ça, c'était avant "CLASSICO", son nouveau montage de planche à roulettes en date, habillé de titres faits main, faits maison et chapitré en deux parties avec une section Paris, puis une section Marseille. Une réalisation fignolée, pléthore de spots et une équipe bariolée (tendant néanmoins vers le Magenta) : cela donne sept minutes et demi comme si vous y étiez, et qui pètent mieux les sacoches qu'une minute de jumping jacks.

Bientôt la galerie photo, si tout va bien (histoire de se mettre en cobra pour finir). Et le compte YouTube de Corentin avec plus d'images diverses et variées encore, c'est ici !

Spackle

Eliott Lockwood est un autre de ces adeptes de la Sony VX-1000 qui, en l'occurrence, vient de mettre en ligne "SPACKLE", un goûtu montage de skate urbain, filmé principalement à San Francisco et avec un bon crew de homies à l'affiche - dont Trevor Murphy et Wes Allen, eux-mêmes déjà derrière "SALVAGE TITLE" et "$3.29" (LIVE avait interviewé Wes, ici). Au menu : les downhills et autres spots tordus habituels, une bande-son de qualité couplée à une réalisation impeccable jusque dans les titres (dans un style réminiscent des vidéos "STATIC" de Josh Stewart), du style à revendre de la part de tout le monde et aussi que deux clips particulièrement barrés de la part de Wes. Pour la suite, vous pouvez vous abonner à la chaîne YouTube d'Eliott, fraîchement inaugurée, ici !

Plouf, plouf !

Quand les Japonais de Ugly Weapon (déjà présentés sur LIVE, ici) rêvent de vacances à l'océan, en toute logique, leur réaction est de réaliser un nouveau montage de skate à la VX-1000, principalement nocturne, dont la timeline est partagée entre Herbie Hancock et les Beach Boys sans discrimination aucune. Ah, et par un paquet de types au style improbable, aussi !

Lottery x Loophole

Dans le genre combo gagnant, difficile de faire plus à point nommé : l'entreprise de Logan Matthews (dont on vous a déjà partagé les productions vidéo par le passé), Lotterys'est récemment rapprochée de la marque de roues de S.F. Loophole (également maintes fois présentée). "DAY LATE, DOLLAR SHORT", c'est à peine cinq minutes de VX-1000 manipulée tantôt en descente, tantôt dans le centre-ville de la City, souvent dans des endroits cagneux et toujours avec expertise. Le blues que vous en retirerez, finalement, sera sûrement celui d'un monde sans pandémie anti-skate... En attendant, question motiv', eux raflent la mise !

"FINTA" / PREMIERE / Dino Coce / INTERVIEW

Comme son compte Instagram débordant de créativité et de technicité "on and off the board" (comme ils disent) le démontrera au profane, cela fait un certain temps que Dino Coce fait acte de présence dans les rues de Split, en Croatie. Et si son nom circule à l'étranger depuis l'an dernier et sa part dans la vidéo de Raul Žgomba : "TABULA RASA", son activisme personnel derrière la caméra et son travail sur son propre projet : "FINTA" sont principalement demeurés secrets, sauf pour les proches et initiés. En fait, il aurait même fallu être présent (et sobre) à l'édition 2017 du Vladimir Film Festival pour être le juste témoin de l'avant-première de la bande-annonce - mais sur ceux-là même, cette dernière a laissé une impression sans pareil, laissant transparaître une mise en scène à la Michel Gondry et un montage inventif au général au service d'un skate tout aussi inspiré, et honnête, capturé au fil des rues et des bandes Mini-DV d'une simple Canon XM-2.

Avance rapide jusqu'au jour présent et Dino a finalement terminé "FINTA", au crépuscule de deux mille vingt, après plus d'une demi-décennie d'effort et juste à temps pour ce qui aurait du être officiellement le dixième anniversaire du Vladimir (finalement transformé en "édition neuf-et-demi" du fait de la pandémie). Le produit final en DVD et même quelques fringues sérigraphiées D.I.Y. sont disponibles ici et maintenant et pour ce qui est d'un aperçu, aujourd'hui, LIVE vous présente une section du film dédié non pas à un skateur en particulier mais à une région particulière de Split : le conglomérat du Palais de Dioclétien et de Strossmayer Park aka. Đardin, deux hauts lieux que Dino a honoré de sa réinterprétation bien à lui, tout en embrassant ouvertement certaines influences telles que celle de Colin Read. Inutile de préciser que les questions suivantes, dans le cadre de l'interview qui suit, se sont posées toutes seules...

Malavega

Les plus branchés d'entre vous en ont sûrement déjà vu les photos dans le dernier numéro papier de Déjà Vu, justement, mais pour les autres, il faut savoir que le team du skateshop parisien Vega (dont on vous a déjà présenté le récent voyage à Malmö, ici, et qui collecte actuellement votre matériel usagé à destination du Liban, soit dit en passant) s'est récemment payé le luxe d'un trip général à Malaga. S'il faudra fouiner rayon presse du skateshop pour voir les jolies couleurs ramenées via les photos de Clément Chouleur, les images qui bougent, elles, sont désormais en ligne sous la forme de ce montage de dix minutes, réalisé par Léonard Berne et Marion Desquenne.

Flanantopias

Après avoir référencé Francesco CareriLe Corbusier et Guy Debord, entre autres, au fil des ans et de leurs productions vidéo précédentes, les Brésiliens du collectif Flanantes reviennent en force avec "FLANATOPIAS" qui reprend, cette fois, l'analyse du philosophe français Michel Foucault, et pratique la théorie appliquée le temps de pas loin d'une demi-heure de H.D. au service d'un montage expérimental. Evidemment, le skateboard est efficace et ce, malgré les spots rugueux et l'année en cours, avec sur le plateau un nombre impressionnant de skateurs locaux, aux styles divers et variés - dont Luis MoschioniSergio Santoro ou encore Hernando "Nańo" Ramirez (de ASCO Skateboarding) qui, eux non plus, n'en sont pas à leur première apparition méritée sur LIVE. C'est produit par le magazine brésilien CemporcentoSKATE, qui propose une galerie photo inédite ici, ainsi que que ces quelques mots signés Leonardo Brandão :

"L'hétérotopie est un concept forgé par le philosophe français Michel Foucault ; le terme signifie l'invention d'autres espaces parmi les espaces pré-existants eux-mêmes.

Le skate, par exemple, est hétérotopique. A son travers, la rampe d'escalier n'est plus une rampe d'escalier, un banc n'est plus un banc.

De plus, il n'est pas question la grande hétérotopie mentionée par Foucault, celle du vaisseau, qui est une figure quintessentielle du dix-neuvième siècle. Les vaisseaux anglais explorant les mers, les transatlantiques, ces énormes espaces qui flottent eux-mêmes au sein de l'espace immense de la mer.

Ce type d'hétérotopie renvoie également au skateboard en lui-même, un espace réduit par rapport à celui du vaisseau, une métaphore de nos jours actuels ; en effet, contrairement au vaisseau, c'est au sein d'un espace offrant confort, luxe et sécurité qu'il vient se poser en tant que tel, avec son insécurité, son pragmatisme matériel, sa portée limitée et son évolution au sein de l'espace raréfié.

Le skateboard renvoie l'imagination à l'époque des premières navigateurs qui n'avaient que des barques. Sauf que les skateurs ne sont pas dans les océans : ils sont dans les villes, leurs hétérotopies sont urbaines, elles errent, rôdent, ce sont des flanantopias." Leonardo Brandão pour CemporcentoSKATE.

Enfin, on nous souffle dans l'oreillette que la sortie d'un nouveau projet Flanantes - un de plus ! - serait imminente...

Tours de magie

Décidément, la nouvelle génération des skateurs de Tours s'active au point de faire mentir le titre de leur nouvelle production vidéo, "TRKL", placée sous le signe de A La Bonne Planchette, le skateshop moteur de la scène régionale depuis 2011 et la fin de Skate Pistols. Le montage témoigne du fait que cette ville a bel et bien des spots, bien que difficiles à arpenter (notamment à cause du zèle anti-skate de la municipalité, à l'heure où d'autres en France ont compris que l'intégration du phénomène au sein de l'espace urbain correspond à sa modernisation), et qu'il ne tient qu'à trouver la motiv' pour aller faire des pressure flips au ras du fish-eye. On retiendra notamment la prestation de Bérenger Le Roux, qui joue au rugby de palette en palette entre deux slappies à l'Ile Simon.

Tout aussi tourangellement parlant, l'artisan bricoleur local Jo Dezecot a besoin de votre aide pour sauver le D.I.Y. de Sarthopia : vous trouverez le lien de la pétition ici !

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