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"Situación de Calle" / Gerardo Sosa / INTERVIEW

C'est rare de voir une full-length de skate émerger d'Argentine, et pratiquement inédit qu'elle s'exporte dans le monde avec une audacité qui n'est pourtant que due. Si les spots du coin sont autant de proies au tourisme skateboardistique depuis un bon bail et que quelques noms fameux ont traversé la frontière - dans un sens ou dans l'autre, les productions locales semblent souligner un vide, de par l'absence de leur représentation dans les médias skate à portée internationale. Ce qui amène, logiquement, à se poser la question : que se passe-t-il, là-bas ?

La sortie de la nouvelle vidéo de Gerardo Sosa : "Situación de Calle", en tout cas, constituait l'opportunité parfaite pour attraper un activiste familier avec cette scène au tournant, et il s'est trouvé réceptif à l'idée de s'exprimer à son sujet, pour nous, pour vous, en cinq !

VLADIMIR FILM FESTIVAL 2019 / REPORT

Vladimir - le clair obscur.

Un mouton noir qui a connu une croissance exponentielle au fil de ses neuf années d'existence, n'ayant d'égal que celle de l'attention que l'évènement a reçu avec, cette année, environ trois cent visiteurs en provenance de toute la planète, ayant en commun le but d'assister à ce festival à Fažana, en Croatie - un petit village portuaire de l'Istrie lourd d'une histoire chargée, dont la sensibilité à fleur de peau des habitants et les monuments physiques, omniprésents au point d'assurer à l'endroit une importante fréquentation touristique, n'en sont que d'incessants témoins.

Ce qui n'était à l'origine qu'une initiative toute locale consistant en une série de projections vidéo au skatepark local a rapidement dépassé ce stade embryonnaire au fur et à mesure que ses instigateurs, Nikola Racan (réputé en sous-sol pour sa full-length video 'Solsticij') et les locaux du Skateboard klub August Šenoa ont commencé à utiliser les modes de communication modernes pour se tisser un véritable réseau de collaborateurs internationaux comprenant toujours davantage de photographes, vidéastes et artistes reconnus.

"Lhyon"

On le savait déjà, les gars de Hy ne perdent pas un temps fou à vider leurs poches sur chaque spot, et grace à cette compartimentation optimale, quand ça skate, ça skate! Alors donnez-leur quelques jours Lyon pour tâter des spots qui semblent pousser dernièrement en ville, et tester leur collaboration avec Volcom, et attendez-vous à un résultat qui est là… L'on ne pourra pas dire que Matisse Banc n'a pas donné, et l'on se demandera aussi qui va bien pouvoir imprimer un poster à la gloire de Victor Campillo que l'on pourra enfin accrocher au dessus de son lit.

Summit of the Non-Aligned / En 5!

Le skate a récemment connu une recrudescence d'évènements indépendants, comme une forme de résistance naturelle à la culture de masse de la part de ses enthousiastes les plus dévoués. Alors que le programme 2019 pour la neuvième (!) édition du Vladimir Film Festival en Croatie vient de tomber, à Belgrade, The Summit of the Non-Aligned est sur le point de commencer (dès aujourd'hui, et jusqu'au 15 septembre). Comme on pourrait s'y attendre de la part de passionnés dont la communication tient davantage à l'expression directe qu'au marketing malin, leur happening de qualité serait probablement passé inaperçu d'un public plus large s'il n'avait pas été question de bouche-à-oreille de la part des artistes qui nous ont connectés à eux (en l'occurrence, Glen Fox et Nez Pez). Cinq minutes plus tard et un coup de fil était clairement de rigueur...
 
Checkez le site et le compte Instagram du Summit, et régalez-vous de l'interview ci-dessous, s'il vous plaît, avec l'activiste de BG : David Soda.
 

 

"Polygone" / Florent Theron / GALERIE

La conscience de l'espace urbain a décidemment un vent tout particulier en poupe en ce moment : entre autres, LIVE vous avait déjà exposé le projet "PLAY" à Bordeaux et, récemment, Ocean Howell s'est même réconcilié avec son premier amour le temps de conférences au Pushing Boarders à Malmö (ainsi que d'un trois-six flip).

Si le fruit de telles réflexions tend à mûrir simultanément de part et d'autre du globe, c'est qu'il se nourrit en sous-terrain depuis déjà un certain temps, produit de la frustration continue des skateurs face à l'inadéquation de la société en place compte tenu de la réalité de leur pratique.

A Nice, cela fait déjà un an que Florent Theron planche sur "Polygone", un projet personnel qui s'est finalement matérialisé sous la forme d'un fanzine, à défaut de dimension supplémentaire. Étonnamment, bien que les deux projets soient complètement déconnectés, l'interprétation de l'élément skatable est - sensiblement - la même que celle de Léo et Nicolas pour "PLAY" : sa simplification jusqu'au point de forme géométrique basique (en l'occurrence, trois triangles), et des couleurs primaires en inspirant une analyse Mondrianesque.

Le tout a été mis en scène pour l'objectif de Fred Schwal, et en page par Florent lui-même, fort de son expérience avec Le Huit, qui nous raconte.

PREMIERE / "Abyssal" / José Francisco / INTERVIEW

Comme a pu en témoigner la page d'accueil de LIVE jusqu'ici cet été, question productions en tout genre, la scène brésilienne semble être en phase d'exploser - en tout cas, c'est ce qu'en déduiront ceux d'entre vous qui ne réalisent toujours pas qu'il ne s'agit-là que du sommet d'un bien exotique iceberg... On abordait récemment le sujet dans un interview avec le jeune de Rio De Janeiro, Sergio Santoro : la vérité, mon ami, c'est que l'énergie émanant de ce pays est intemporelle, en plus d'être forte d'autant de personnifications que ledit pays a jamais connu de scènes à travers les décennies. On devrait pourtant se douter qu'au même titre que pratiquement n'importe quel recoin à peu près skatable du monde, le Brésil n'a pas été sans engendrer des générations entières de légendes et de contes cultivés localement mais qui, en l'espèce, persistent à se heurter à une barrière de la langue intransigeante dès qu'il s'agit d'exporter un peu de soleil. Et de ce fait, faute d'information plus accessible ou d'orientation précise, nombreux sont ceux qui résument encore le "skate brésilien" à des constructions internationales telles que #slidesandgrinds, si ce n'est la dernière vidéo de vacances en date des dernières rock stars en date de la dernière planche à roulettes en date, restant ainsi relativement imperméables à la vraie culture des insiders, sur place.
 
L'incompréhension en rappelle une autre, qui divise régulièrement certains des skateurs les plus émotionnellement investis dans la pratique, d'une manière plus générale : la planche à roulettes étant finalement tombée jusque dans les serres du grand public en l'espace de deux décennies, qui peut malgré tout affirmer que pour autant, elle n'appartient plus à ceux qui, au quotidien, en font vraiment ? L'écran de fumée éventé, quid d'une validation universelle, finalement ? Pourquoi se perdre dans l'illusion d'une course quand l'existence même de communautés isolées mais fortes, indépendantes et convaincantes suffit à rajouter une dimension à l'équation qui ridiculise n'importe quelle considération de compétition sérieuse au sein du skate à tout jamais ?
 
Ceci dit, validation et considération sont deux concepts bien distincts. Si le premier est une licorne, le second consiste à payer hommage à qui de droit : aux activistes locaux, génies fous qui vivent pour produire, ouvrir autant de frontières que de perspectives, et construire autant de ponts au-dessus de trop de tranchées. Aujourd'hui, avec la présentation d'"ABYSSAL", lesdites tranchées sont plus rough que jamais - si vous n'avez pas suivi l'avalanche de cartes postales brésiliennes que LIVE vous a fait tourner ces derniers mois, en tout cas... C'est un film par José Francisco, qui habite à Anápolis et participe à un collectif multimédia éponyme ; ça se regarde au-dessus mais avant de remonter, considérez descendre un peu plus bas sur la page pour un interview en règle et en cinq, avec un réalisateur des plus sincères !

Théo Moga x Hugo Bernatas / PREMIERE

Hugo Bernatas est le plus Vendômois des Lyonnais - à moins que ce soit l'inverse ?

Sa nouvelle production, c'est une web part du jeune Théo Moga, que vous avez déjà pu apercevoir dans la récente vidéo "B(ee)r" de Bastien Regeste (qui est un peu comme la "Fully Flared" hexagonale de notre époque).

Ici, en deux minutes de noir et blanc efficace, ledit jeune reinterprète un paquet de spots classiques de la capitale des Gaules, les repiquant au millésime deux-mille dix-neuf, et Hugo nous en dit plus...

Sergio Santoro / INTERVIEW / "Original Rocker" / PREMIERE

A propos du phénomène Sergio Santoro ; et bien, sa plus grande force est sûrement qu'il parle de lui-même, puisque le personnage tout comme son style de skate font sensation sur Internet depuis désormais plusieurs années - prouvant ainsi que la passion sincère déborde au-delà des barrières de langage et autres frontières géographiques. Le skate de Sergio est plutôt unique : conséquence logique d'avoir grandi au cours d'une ère sous laquelle information et inspiration sont plus aisément accessibles, qui se résout par un répertoire de tricks et un langage corporel qui renient l'existence des modes. En plus de transcender les courants, ce qui motive Sergio à pousser, c'est l'exploration - vous remarquerez que la notion est exprimée régulièrement dans l'interview ci-après ; en vérité, Sergio est une âme aussi ingénue que curieuse, débordant d'appréciation pour le positif de la vie - une aura qui vous absorbera au premier pousson-sourire.

Tandis qu'effectivement, il marque des points sur Instagram sans trop forcer à un point tel que l'élite économique californienne l'a à de maintes reprises remarqué, et tel que certains de ses propres compatriotes l'apprécient au point de projeter leurs propres attentes sur son personnage, la considération première de Sergio reste focalisée sur le fait de skater tous les jours et d'apprécier chaque seconde de cet état de fait donné. Une pureté d'appréciation dans l'approche qui suffit à faire mentir les préjugés quant aux cyber-personnalités, et à calmer les élans de chauvinisme. Sergio est conscient que ni lui, ni la scène du Brésil en générale n'ont à prouver quoique ce soit à qui que ce soit et demeure concentré, mais aussi sensible. Dans l'échange ci-dessous, nous discutons de comment attirer l'attention sur l'hyperactive scène skate brésilienne et ce, en dépit des barrières de langage avec les pays ne parlant pas le Portugais, mais aussi la variété des styles locaux et internationaux, et bien plus encore.

Le cœur ignore les frontières et qui de plus approprié que Sergio pour représenter le dévouement concret au skateboard par delà n'importe quelle autre pseudo-valeur arbitraire. En espérant que la photosynthèse de son aura opère, LIVE est honoré de vous présenter le tout premier interview de Sergio Santoro pour un média européen, en Français et Anglais, pour une fois !

VANS THURSDAY SESSIONS 2019 / PREMIERE

Délicat que de condenser l'équivalent de tout un trimestre de clips locaux, produits par une dizaine de skateshops français - mentionnés ci-dessous - à l'occasion des Vans Thursday Sessions, en une capsule de trois minutes maximum. LIVE aura essayé de retenir l'essentiel ; pour les récap' individuels de chaque semaine, avec photos, anecdotes vécues, liens et moult bonus à la clef, vous pouvez vous référer iciiciici et ici, respectivement. Les Vans Thursday Sessions ont été suivies avec une attention toute particulière pour le travail fourni par les activistes locaux en général ; les articles susmentionnés comprennent donc quelques full-length locales et autres connexions potentielles, parmi une pelletée d'images de spots aussi fous qu'inconnus.

Un programme qui aura globalement su allier rigolade et régalade, récréation et production. Restez connectés avec Vans sur Instagram ici, et avec LIVE ici pour la suite ; merci encore à Vans Europe, et à tous les participants - shops, skateurs, vidéastes, photographes et autres doux dingues motivés à rejoindre la fête !

VANS Thursday Sessions / WEEK 4 / REPORT

C'était jeudi dernier pour certains skateshops de France, le jeudi précédent pour d'autres, canicule oblige : mais les Vans Thursday Sessions de cet été deux-mille dix-neuf sont enfin bouclées, suite à une quatrième et ultime édition impliquant une fois de plus moult boutiques locales, et skateurs régionaux souvent aussi anonymes qu'hyperactifs.

Les récap' des semaines précédentes sont à retrouver respectivement et chronologiquement iciici et ici !

Mais en l'occurrence, ce qui nous intéresse, c'est le lot de clips, photos et autres nouvelles fraîches qu'ont produit les participants : ABS Annecy et Grenoble, la familia Bud SkateshopNDJ à Nantes, Shifty à Dijon, Okla à Toulouse et Wall Street à Lyon. 

"LOST" in London / PREMIERE

LIVE vous a déjà présenté les productions du filmeur du sud de Londres, James 'D.J.' Davidson, par le passé, notamment avec "Shmara" - un clip filmé à Shanghai avec tout un panel de skateurs russes. Le montage était dynamique, punchy, efficace, et la VX-1000 pour laquelle D.J. déclame son amour jusque dans son nom sur Instagram, sciemment manœuvrée.

Cela fait désormais deux ans que D.J. est revenu de Chine ; entretemps, il n'a pas été sans continuer à filmer, et voyager. Cette nouvelle production, "Lost", représente cette période d'accumulation d'images sans réel but, à la documentation fragmentée, tandis que D.J. lui-même se raccroche à l'énergie du skateboard pour frayer son chemin jusqu'à Paris, désespérément à la recherche de nouvelles sensations mais aussi, de chaussettes à Carrefour.

De l'incertitude, peut-être ; un produit final qui détonne, sûrement. Le réalisateur a puisé au fond de lui-même pour cette petite capsule temporelle, et ça se ressent.

Suivez D.J. directement sur YouTube, ici !

Bigger Spin / EP 016 - Jérémie Daclin

Jérémie Daclin, si vous suivez de près ou de loin la scène skateboardistique tout court - française comme internationale - vous devriez être familier avec ce nom et, tout aussi vraisemblablement, avec le personnage qui en est le titulaire notoire. C'est notamment le papa de Cliché Skateboards puis de Film Trucks, il a contribué à placer l'Europe sur le radar des Américains, et a eu le flair de sponsoriser au moment clef d'indéniables talents tels que Lucas Puig, Jan Kliewer ou Pontus Alv, entre autres trips inédits et moult efforts tendant à crédibiliser le statut professionnel du skateur sponsorisé français.

Jérémie est le dernier invité en date du podcast du skate français Big Spin animé par Sébastien Charlot et Arnaud Dedieu ; une occasion pour laquelle il raconte son parcours en tant que skateur, puis en tant qu’entrepreneur. C’est d’abord le skateshop All Access, puis Cliché en 1997, et Film en 2018. À travers ces expériences, G.G. revient sur les voyages, les rencontres, la vidéo et l’image en général ; collaborer avec les photographes, gérer un team, skater avec Mark Gonzales, affronter des échecs, et se faire plaisir en skate après quarante ans.

C'est disponible à l'écoute ci-dessus et une nouvelle fois, en tant que complément, le Bigger Spin de LIVE vient se poser, là !

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