Bienséance à la venue

Piètres contrepétries mises à part, Welcome Skateboards vient de sortir une nouvelle full-length ; d'une manière générale, en ce moment, on sent l'odeur des potées vidéo mijotées par un sacré paquet de marques indé, en prévision de l'été, et dont le service a déjà commencé cette semaine avec la mise en ligne de productions TrafficHeroin et Roger.

C'est trente-cinq minutes de cascades en skateboard, un peu loin de l'image d'origine de la marque : celle qui a démarré en sponsorisant Erick Winkowski, Logan Lara, Nolan Johnson ou encore Chris Milic. C'est plus propre, plus accessible et à la place, on retrouve un Jordan Sanchez devenu papa qui fait skater son fils, un Ryan Lay qui a bien fait de quitter HUF pour rester chez Welcome si c'est pour demeurer aussi efficace (il clôture la vidéo avec une section qui ne déçoit pas), une Nora qui Vasconcellose (comme à son habitude depuis 1997), Daniel Vargas, Ryan Townley, Will Blaty, Aaron Goure, Jason Salillas et un paquet d'amateurs qu'on aura bien du mal à retenir puisque leurs noms n'apparaissent que sous la forme d'une ribambelle éclair, le temps d'un flash annonçant le générique.

Beaucoup de tricks tordus et de manœuvres intéressantes, un soupçon de courbe, et un H.D. malgré lequel la sauce prend, et on arrive en fin de vidéo en moins de temps qu'il n'en faut pour s'en rendre compte.

Carte postale brestoise !

Une "carte postale brestoise", c'est ce qu'avait l'intention de nous envoyer Yann Quenez, nous révélant ainsi sa localisation (une louable démonstration de confiance en cette époque) mais également le titre de sa nouvelle réalisation, et les talents en skate de son pote Valentin Agnus. Yann est photographe et filmeur "entre deux averses et crêpes au beurre", et ce petit clip a le mérite d'insister sur le trait d'une scène méconnue, comme si l'intérêt général pour les talents locaux se dissipait avec l'omniprésence d'un ciel gris. Tant pis pour eux car on aurait ouï dire que sur le long terme, Yann aurait d'autres kouign-amann audiovisuels au four !

Soit dit en passant, un autre témoin de la passion brestoise pour le skate, c'est ce blog du surnommé Mike : Skate 1992 Golden Years, qui vaut le détour à une époque où New Deal se relance, et Ron Knigge se fait interviewer par le grandiose Chops sur le non-moins grandiose Chromeball.

Roger that!

Roger Skateboards (anciennement Program Skateboards, anciennement Roger Skateboards, anciennement Bueno Skateboards), c'est la marque de Michael Sieben, l'artiste texan qui, en plus de son activité personnelle, illustre régulièrement les pages de Thrasher Magazine, quand il n'est pas en train de dessiner des graphiques de tee-shirt pour Vans ou Volcom (qui, il y a dix ans, lui avait octroyé sa propre émission Internet, précurseur du podcast : The Internet Shack). L'imagerie de la marque est complètement déjantée, en témoignent un paquet de graphiques de boards iconiques tels que "Skate Switch For Jesus", "Ghost With A Boner" ou encore "Weed and Cobras"...

Depuis le début de l'année, Roger revient en force, mené par un Ryan Thompson plus en forme que jamais (vous avez déjà pu l'apercevoir dans quelques clips de Calvin Millar, et sûrement pas que là) et il n'est pas seul, puisque c'est tout une équipée sauvage qui en s'apprête à en découdre pour six minutes sur vos écrans : Reese Barton, Brian Gonterman, Max Taylor et Marshall Manuel, pour l'objectif de Dieter Galvan.

La Main qui tue

Heroin, c'est la marque de l'Anglais Mark Foster aka. Fos, visionnaire avant-gardiste car authentique du skate anglais, punk de la première heure, artiste accro au café et aux cassettes audio (comme pouvait en témoigner sa guest board chez Magenta, il y a quelques années déjà) notamment responsable de la direction artistique d'Altamont Apparel, et d'un paquet de graphiques de board en plus de ceux pour Heroin (chez Black Label, Toy Machine, Real, Deathwish, Zero, Element, Baker...).

A une époque où la plupart des yeux étaient rivés sur l'esthétique raffinée de Blueprint (version 1.0, c'est à dire la bonne ; l'autre est une imitation canadienne), Heroin apparaissait comme une alternative plus sauvage, plus brutale et plus dégénérée, dont la philosophie qualifiait sans problème n'importe quel bout de parking de spot documentable, et n'importe quel mouvement incongru de trick, à condition d'impliquer l'objet planche à roulettes (de près ou de loin, et parfois en plusieurs exemplaires).

Au même titre que Traffic, la marque de Ricky Oyola (voir ce post pour "Look Right", la vidéo de leur dernière tournée au Japon), Heroin a très tôt reconnu l'effervescence de la scène skate nippone, en sponsorisant Gou Miyagi pendant des années (après une guest board de bonne heure), mais aussi en mettant en avant ChopperDAL et les Osaka Daggers du Triangle Park, géniaux. On vous invite à regarder le montage qu'ils avaient filmé pour des scientologues, en 2013, ici.

Heroin a traversé les époques depuis sa fondation en 1998, et le team aussi ; en est témoin une ribambelle de vidéos au fil des ans, chacune emprunte du propre style de son réalisateur respectif mais également du noyau d'une imagerie bien spécifique. "Everything's Going To Be Alright" (2002), "Live From Antarctica" (2005) ou plus tardivement, "Video Nasty" (2013) valent notamment le détour. A ce sujet, il y a quelques années, Alan Glass (réalisateur des premières vidéos Heroin) et Pixels.tv ont réalisé ce chouette documentaire sur Chris Pulman.

"Magic Sticky Hand 2" est la vidéo Heroin de 2017, qui vient de se retrouver sur les Internets - et c'est exactement le type de baffe en plastique qu'il vous faut, pour vous motiver avant la session (ainsi qu'à définitivement arrêter les caveman boardslides).

Tokyo Transfer II

Traffic Skateboards, la marque de longue date du pionnier du street East Coast Ricky Oyola (dont certains d'entre vous recopient sûrement les figures sans même le savoir), s'évertue à faire les choses correctement et ce, depuis le début. Ils ont notamment été parmi les premiers à cultiver une connexion active avec la scène skate au Japon, en sponsorisant Deshi (sa part incroyable dans "Night Prowler" par Katsumi Minami, qui fait désormais Evisenici) et en y réalisant une vidéo de trip légendaire : "Tokyo Transfer", en 2009.

Dix ans plus tard, et quelques mois après la sortie de la full-length Traffic "Look Left" (à l'occasion de laquelle LIVE avait interviewé Joe Yates et Mark Wetzel), l'équipée sauvage remet le couvert avec une nouvelle vidéo de trip à la Mecque des spots parfaits pendant vingt secondes (puis rigoureusement interdits, sous peine de coups de matraque-néon). Le crew a changé au fil des ans, mais pas l'approche.

Une contrée où il est recommandé aux touristes de regarder dans les deux sens avant de traverser, au cas où... D'où le titre "Look Right", et l'article complet avec moult photos est en ligne sur le site de TransWorld Skateboarding.

Et si vous voulez encore plus d'excellent Hiroki Muraoka, vous pouvez toujours revenir sur l'une des meilleures parts de l'année dernière...

Le conseil de P.A: "Homies Network"

Alors, oui! Ce ne sont pas des skateurs au style irréprochable. Oui, ce ne sont pas les plus grands techniciens que le skateboard n’ait jamais connu. Mais est-ce que c’est vraiment nécessaire d’être le meilleur lorsqu’on prend autant de plaisir à être sur une planche, juste rouler, réussir voire même rater ses tricks ? Tout le monde voit les choses et apprécie ce sport à sa manière, tout ce qu’on peut dire de « Homies Network » c’est qu’eux, ils ont tous trouvé ce qui les rend heureux dans cette discipline. Au-delà de ça ils restent tous de très bons skateurs pleins de fougue qui apporte une réelle bouffée de fraîcheur sur la scène skate actuelle. Ici, Il n’y a plus de bon ou de mauvais trick, juste quelque chose qu’on a envie de faire à un instant T parce que ça peut être marrant, et c’est tout ! Voilà comment on se retrouve à faire de noslide pop out tailgrab ou encore des bons gros ollies pieds nus. Quand on ne soucie plus de grand-chose, la seule limite, c'est sûrement notre imagination.

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Une nouvelle production Tonic Skateboards - y a-t-il besoin d'en dire plus ? Ces nouvelles huit minutes d'un délire dont on ne se lasse pas mettent en avant la mixtape de DJ Ahroun, que vous pouvez vous procurer sous la forme d'objet physique via leur e-shop aux côtés de douce wear et d'un fanzine signé Clément Harpillard, le fameux, flûtiste Facebook de son état. En attendant, les images défilent et l'émulation fait que c'est facile de déjà se projeter en session !

Existentiel urbanisme

Renato Riguetti est Brésilien ; malgré cela, vous ne le connaissez peut-être pas encore, mais lorsqu'il n'est pas sur sa board ou derrière une caméra ou un logiciel de montage quelconque, il officie au sein de son propre cirque ambulant familial à Rio et, d'une manière générale, revendique l'appellation d'artiste de rue, au sens strict du terme. Grand revendicateur de l'expression libre dans un pays qui tend à s'en méfier, ses vidéos (car oui, vous l'aurez compris, il est aussi réalisateur) sont souvent teintées de messages politiques ; déjà l'auteur de la géniale "Perspectiva" mais également d'une première "Ruexistencia", il s'est récemment retroussé les manches pour un volume deux, que vous pouvez voir en entier ici. L'objet de cet article, c'est sa part dans ladite "Ruexistencia" volume deux, histoire de vous connecter avec un drôle de bonhomme qui n'a pas fini de vous fasciner.

The Rocky Aurore Show

"Signal From The Aurora" est une nouvelle full-length indépendante polonaise, réalisée sur les deux dernières années par le duo Jan Mioduchowski et Wojtek Sobecki. Coutume locale oblige, spots cagneux sont au programme (on vous la joue souvent, cette carte-ci, mais attendez de voir ne serait-ce que l'intro, là...), ainsi qu'un style visuel grisâtre et délavé comme pour mieux seoir les couleurs de la ville, commun aux productions "Grey Area" de Kuba Kaczmarczyk et ses jeunes recrues, qu'il a lui-même hérité de Pontus Alv, époque "Strongest Of The Strange", bien avant Polar. Et Pontus avait emprunté ses titrages à Woody Allen mais là, on s'égare en Suède...

Disquette 2x100 Ko

Disquette Club, c'est un collectif montpelliérain (en tout cas, la plupart du temps) qui fait du skate, se crédite en arobases et aime bien s'incruster, que ce soit dans les bunkers désaffectés ou encore les abribus locaux.

Leur deuxième production (leur première dont ils sont fiers, nous dit son instigateur Edouard Lemercier ; l'opus précédant consistant en une compil' de clips au téléphone), c'est quinze minutes de street local-mais-pas-que, avec plein de monde, y compris sur certains spots que vous avez peut-être déjà entrevu sur les Vans Thursday Sessions (à MTP ou à Marseille).

Les gars se sont bougés, l'énergie de la production s'en ressent et si vous survivez au terrorisme de l'intro, vous vous retrouverez probablement assez vite happé dans le vortex du délire montpellierain et ce, jusqu'au terrorisme de l'outro, au moins - en tout cas, c'est le moins qu'on puisse vous souhaiter !

Switch Big Spin / Skatedads

"Skatedads", LIVE vous en a déjà touché un mot au moment du Bigger Spin de Stéphane Larance, ou encore sur Instagram à l'occasion des expositions éponymes de Benjamin Deberdt, en collaboration avec la marque parisienne Leroy République. Le concept s'attarde en profondeur sur le parcours de skateurs français de longue date devenus papas, et leur rapport hors du commun avec leurs enfants devenus skateurs, ou skateuses, puisque la pérennité de la culture le permet désormais - à une échelle grandissante.

Ce nouvel épisode du podcast du skate français Big Spin, par Sébastien Charlot et Arnaud Dedieu, est dédié à cet axe de recherche ; l'occasion d'interviewer Franck Barattiero, Toni Brossard, Ben Aurélien, Sébastien Daurel, Jean-Marc Druesne et leur progéniture respective, au sujet d'une passion commune et des bénéfices de sa transmission intergénérationnelle !

Et comme d'habitude, le Bigger Spin vient se poser en complément, à nouveau en Switch !

Dúvidas

"Dúvidas" est une nouvelle production brésilienne (quand on vous dit que la scène y est hyperactive...) signée Cleverson Maniglia, lui-même basé à Guarulhos près de São Paulo et pote de Murilo Romão, des productions Flanantes que LIVE ne cesse de vous suggérer.

Il s'agit ni plus, ni moins d'une full-length pour sa marque Tupode (qui produit surtout de la wear, mais aussi quelques one-off exceptionnels tels que "50-50 Grind", l'eau de toilette pour skateurs, hélas en rupture de stock). Avec des images de Leonardo Fagundes, Marcos Augusto, Lucas Cicolo, Lucas Antônio, Diego Ramos, Diogo Ramos, Cleverson Maniglia lui-même et bien d'autres encore, sur certains spots locaux qui devraient vous être familiers si vous suivez déjà les vidéos Flanantes, mais aussi un paquet d'autres, inédits et toujours plus tordus.

Ce qui n'a pas été sans aiguiller notre curiosité, à laquelle Cleverson a eu la patience de répondre...

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